Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 22:44

Tirant tête hors du sable, de retour de vacances que d’aucuns se sont entêtés à gâcher mais sans y parvenir jamais, de qui parle-je, dites-vous? Des tenants de cette chienlit qu’on nomme procédure, de cette racaille enréglementée jusqu’au bout de ses ongles sales, toujours prête à vous bousiller jusqu’à votre apéro-pétanque! Bref, posant mes valoches en la riante prairie nommée Seine Saint-Denis, qu’entends-je? 14 juillet, fête nationale, je quitte la France - je l’aime pas -, du moins j’essaie de la quitter. Me voilà en gare, quêtant des yeux la voie d’où est censé s’élancer le Paris-Rome, hébété à la vue d’une rangée de panneaux d’informations désespérément dépourvus du moindre hiéroglyphe, poule devant un couteau. Comme il se doit, je rate le train, dont le lourd cul s’éloigne sans moi, adieu train, couchette, Roma. J’enrage, bave au bec, avise un contrôleur. Bordel de dieu mais pourquoi vous affichez pas la destination de vos tortillards, hein? Réponse du casquetté, suintant : « cinq minutes avant le départ, on affiche plus rien. » Mais pourquoi ça, bordel de cul? « C’est la procédure. » Arf, le mot est lâché, qui sera ma private joke de l’été, m‘acharnant à traquer toute forme de procédure. Il suffit d’un peu d’attention pour vite se rendre à l’évidence: les procédures, de mêmes que leurs servants tatillonnards décérébrés, nous encerclent, nous encadrent, nous briment bref, nous les brisent grave, tout le jour.

     Procédure tiens, celle-ci bien rôdée, j’ai nommé les maintenant célèbres mauvais coups de l’été. Et dans la torpeur estivale, comme disent les plumitifs, est votée la loi Hadopi, seconde du nom, celle du travail le dimanche, le nouveau statut de la Poste ouvrant à privatisation, est provisionné un milliard qui servira de bonus aux traders de la Bnp, tandis que dans le même temps sont sensiblement augmentés les tarifs de l’électricité, du gaz, des transports et j’en passe. Encore l’été n’est-il pas terminé! Et les semaines à venir livreront leur lot de saloperies passées en loucedé. Qui s’en soucie? Pas le Ps, trop occupé à préparer une université d’été s’annonçant bien saignante. Jack Lang: « le parti socialiste est devenu un arbre sec. La maison de la rue de Solferino éteint ses lampions du jeudi au lundi soir. » Bigre! Joli week-end! Mais pour ce qui est des lampions, il serait temps de songer à les remiser au grenier, il y a maintenant longtemps que la fête est finie.

     Pour sauver ce qui peut encore l’être, et en l’absence d’une réelle opposition de gauche, vers qui se tourne-t-on, se demande monsieur Dupond. Les syndicats, mais oui!, répond monsieur Dupuis. Nous ne saurons trop leur conseiller de tendre une oreille attentive aux propos de Maurad Rabhi, bras droit de Thibault à la cégète: « il n’y aura pas de grève générale. Le grand soir, c’est dans les livres. » Fermez le ban, tout est dit. Tout ? Pas sûr… S’il est juste qu’une grève générale ne se décrète pas, il est tout aussi sûr qu’il ne suffit pas, pour l’empêcher, que la CGT décide qu’elle n’aura pas lieu. Que la Confédération, en sa soulante suffisance, continue de se concentrer sur l’expulsion des sans-papiers - comme à la bourse du travail, à Paris, cet été -, et qu’elle laisse les salariés décider des meilleurs moyens de poursuivre la lutte! Mais à la Confédération, telle n’est pas, on s’en doute, l’habituelle procédure.

     En cas de coup de mou présidentiel, par exemple lors d’un jogging, la procédure est claire: convoquer - c’est le mot - les medias, en faire des tonnes sur le mode Sarkozy, un homme comme les autres. « J’ai eu un coup de fatigue. C’est une panne d’essence qui arrive à chacun. » Sarkozy serait donc humain… On s’en doutait un peu, mais il semble que l’Elysée a voulu profiter de l’occasion pour le rappeler. Bilan de l‘opération: plus 10%, dans les sondages, d’opinions favorables. Où il se confirme qu’en France, on aime les présidents soit morts, soit malades.
 

     Malade, Sarko? Certainement pas, fait bien trop attention à sa petite santé: « avec mon épouse, nous ne sortons jamais le soir, nous n’allons jamais dans les dîners. Je ne bois pas, je ne fume pas de cigarettes », et le reste à l’avenant. Tout de même, la Carla, elle doit se faire chier, non? D’autant que, lorsqu’il est en forme, son président de mari confesse : « dès que j’ai une minute, je regarde l’arrivée du Tour. » C’est du lourd… Et d’avouer éprouver une belle sympathie pour Armstrong-le-camé, ce qui ne surprendra personne.

     Avant que de le laisser à son estival repos, citons une dernière fois Sarko qui, le 14 juillet dernier, coupait la France en deux: « ceux qui partent en vacances, ils l’ont bien mérité. Ceux qui ne partent pas, avec le Rsa nous avons crée un nouveau système pour les aider. » Etrange conception, selon laquelle seuls ceux qui ont « bien travaillé » mériteraient des vacances, et cantonne dans leurs casemates les pauvres, ces faignants. La réalité est tout autre. Au risque de choquer un Sarko bien mal informé, des sans-le-sou partent, l’été, et 50 % des « non-partants » sont ce qu’on appelle des actifs. Ainsi, selon la même étude, un non-partant sur deux déclare que son choix n’est pas lié à des raisons financières. On peut donc avoir les moyens et préférer rester chez soi?? Impensable, pour not’président. Quant aux bénéficiaires du Rsa, ils seront à terme trois millions, et même dans l’hypothèse où pas un seul d’entre eux ne prendraient de vacances, ils ne représenteront jamais qu’une partie marginale des seize millions de Français qui, chaque année, ne partent pas. Mais pour le pouvoir, peu importe la réalité socio-économique, le raccourci idéologique prime, qui permet de décliner une fois de plus l’idée de mérite, dans sa version estivale.

     Au reste, que celles et ceux qui sont partis en profitent jusqu’à plus soif, car c’est peut-être la dernière fois. En effet, une circulaire de la Direction Générale du Travail, datée du 3 juillet et passée quasiment inaperçue, liste les préconisations en cas de pandémie relative au virus H1N1. Cette pandémie étant jugée par nos amis les experts absolument inévitable, le texte précise qu’ « il en va de la survie de l’économie nationale. » Mazette! Après la crise, la grippe, tout est bon, qui permet de nous faire plier l’échine. Ainsi la circulaire conseille d’« adapter l’organisation et le travail des salariés », ceci « par décision unilatérale de l’employeur. » Malheur à celui dont les collègues seront atteints par le virus, et donc en congé maladie: il verra pleuvoir sur sa tête les dérogations permettant au patron de le faire bosser des 70 heures par semaine, week-end compris, il verra ses congés supprimés sans façon, sa charge de travail doubler,… Bref, on comprend que cette pandémie, qu’on nous promet pour dès septembre, n’est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Le Medef en a rêvé, la grippe porcine va le faire? Il ne s’agit, bien entendu, que de « préconisations à caractère exceptionnel », une circulaire n’ayant pas force de loi. Mais d’une part, on connait du temporaire qui dure longtemps - voir le cas d’école, en la matière, du plan Vigipirate -, d’autre part ladite circulaire se garde bien de prévoir les conditions d’un retour aux règles du droit du travail. C’est pas de la belle procédure, ça?

                                                                                           
Frédo Ladrisse.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article

commentaires

Carlus 11/08/2009 13:42

chais pas... je te trouve un peu mou, là ! la griffe émoussée, la pointe assassine rare...! T'as même pas engueulé Onfray !

Les vacances ne te réussissent pas ! pense-z-y l'année prochaine avant de partir !

Pangloss 11/08/2009 12:03

Quand on n'a pas envie de penser, il n'y a qu'à "suivre le manuel" qui -tu l'as deviné- est plein de "procédures". Laissons faire les pros! Moi, je dis que ça ne marche pas, les procédures parce que les pros, c'est mou. Pardon! C'est l'été et j'ai mal au crâne.

Présentation

  • : Quand L'autruche eternue
  • Quand L'autruche eternue
  • : "Hommes/femmes politiques, journalistes au petit pied, philosophes du dimanche ou stars à la ramasse: tous sèment des perles de bêtise, sans se douter que, dans l'ombre, l'autruche les note, les commente, s'en gausse, et recrache le tout sur ce blog."
  • Contact



Publication aléatoire,
inscris-toi à la newsletter pour être informé des
 nouvelles publications.

Rechercher

Vieux Trous

'autres qui font des trous

  
 

images-copie-43.jpg

LIEN-ZONA-YAROST.jpg

LIEN-FA-CLAAAAAASH.jpgLIEN-COLLECTIF-CONTRE-CULTURE.jpg

LIEN DIONYVERSITElien-maldoror.jpg

LIEN-EDITIONS-DU-ML.jpg

lien-Publico.jpg

lien-radio-libertaire.jpg

LIEN ML