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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 20:22

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Une pléthore canaille, patrons et gouvernants, qui dans un même mouvement opinent du chef derechef et salivent à l'idée de nous faire travailler plus, toujours plus, plus longtemps, plus vieux, plus malades. C'est Lefèbvre, l'arrogant roquet Ump, qui propose de mettre au boulot le tire-au-flanc en arrêt de travail (internet, télétravail, j'en passe et des bien pires.) C'est ensuite Hortefeux, qui se lâche au sujet de l'âge légal du départ en retraite. Fillon lui emboîte le pas : « cette question  n'est pas une question taboue. » Juppé colle au peloton, pour qui « donner la possibilité de travailler jusqu'à 63 ans, j'y vois moi un progrès humain. » Rien que ça. La pénicilline, à côté, c'est de la bouffe pour chat. On notera au passage le retour à l'antienne selon laquelle tout ça se ferait, comme il se doit, sur la base du volontariat, qu'il ne s'agirait jamais que de donner la possibilité. Et mes fesses, c'est du jambon ? On la connait la chanson hein ! Suffit d'écouter Parisot l'entonner, son air préféré : « il faut changer les paramètres. » « Il faut que chacun prenne conscience qu'on va dans le mur. » « Il faut aller plus loin dans tous les mécanismes d'épargne-retraite qui existent aujourd'hui. » Il faut, il faut, il faut... Vu l'état des forces en présence, comme disent les pisse-copies, vu l'apathie qui règne au sein d'un mouvement syndical qui n'a plus de mouvement que le nom, m'est avis que, sous peu, on va se faire croquer une nouvelle jambe. Aujourd'hui comme jamais, zéro plus zéro égal la tête à toto.

 

     Un toto qui, bossant jusqu'à ce que mort s'ensuive, a part ailleurs tout intérêt à mourir en bonne santé : la guerre aux congés-maladies, si elle ne date pas d'hier, connait ces temps derniers de furieux développements. Ainsi les compagnies privées dont la spécialité est la contre-visite, ignorent superbement la crise. Un patron de Pme : « on est pas des ogres, mais il faut montrer qu'on est là. » Montrer ses muscles, quoi. Montrer ses crocs. Des toubibs se prêtent - plutôt, se louent - au jeu, manière pour eux de beurrer la tartine à caviar. Résultat, 45 % de ces contre-visites ont pour conséquence de « casser » l'arrêt de travail en question. Joli résultat, non ? Il est vrai qu'il suffit de ne pas être chez soi en dehors des heures de sortie autorisées, pour ensuite subir les foudres de la Sécu. On citera simplement le cas de cette salariée qui, en profonde dépression et placée sous neuroleptiques, dormait, n'a pas entendu la sonnette. Cassée, la salariée, et son arrêt idem. Pas des ogres, les patrons, non. De pures hyènes, voyez plutôt : un autre représentant des forces vives de la nation, adepte lui aussi de la contre-visite, vante son effet dissuasif : « les salariés savent aujourd'hui à quoi s'en tenir. »... S'en tenir, à carreau, oui. Et tandis que le patronat montre ses muscles, remue le groin, retrouve assurance et faconde, la médecine du travail s'inquiète, crée l'étrange expression de « présentéisme abusif. » Autrement dit, on va bosser, même malade, même à crever. Joli résultat, non ? A noter également: ce marché de la contre-visite médicale s'inscrit naturellement dans le cadre, plus vaste et forcément philanthropique, de réduction-comblement du trou de la Sécu. Fumeux prétexte ! Selon l'assurance-maladie, les arrêts dits injustifiés représentent à peine 6% de la totalité des arrêts. C'était notre rubrique : les fabuleux progrès de la médecine de coercition.

 

      Moi, j'ai mis à profit mon dernier arrêt maladie - naturellement très justifié par une envie profonde de pas perdre mon temps à bosser - pour faire un peu de rangement dans la masse de papiers qui encombre mon burlingue. Je suis alors tombé sur cette Une du Parisien, daté du vendredi 5 juin, soit deux jours avant l'élection : « Sondage : Bayrou devance Cohn-Bendit. » En pages intérieures le même sondage donnait 14 % au béarniais  (soit 6 points de trop), et 11 % à Dany-le-vert, soit 5 points de moins que le résultat final. Nos oracles contemporains ont de ces faiblesses, parfois... Et Lalanne, me direz-vous ? Ah non, vous dites rien ?... Bon tant pis, je vous en parle quand même, du Francis, candidat dans le Sud-est, et qui quand même a fait 3,75%. Sur ses affiches on pouvait lire : « Lalanne, la révolte par le vote. » Faire ce score, honorable, en ayant adopté le slogan le plus imbécile de l'histoire des slogans imbéciles, moi je dis que c'est du costaud ! Bravo Francis ! Et à la présidentielle, j'espère, qu'on se marre encore un brin.

 

      Puisqu'on parle d'affiche, avez-vous vu celle, récente, qui lance la nouvelle campagne d'adhésion à l'Ump ? C'est photo de seigneur Sarko, comme il se doit, et c'est, dessous, cette phrase : « Il a besoin de vous. » Ça vous rappelle quelque chose ? Uncle Sam ? Oui oui. Mais Pétain aussi, oui oui oui. Et que Jack Lang vienne un peu m'accuser d'antisarkozysme primaire, ferait beau voir, tiens, que le grand frisé m'enquille le bec! Ferait mieux de se mettre sur les rangs, Jack, dans les starting-blocks 2012, puisqu'il se murmure que le Ps, depuis la dernière raclée, se cherche un chef digne de ce nom. A ce propos et comme en passant, Delanoë a précisé «je n'ai fais une croix sur rien. » Ah bah si le poste de secrétaire se joue comme d'habitude au morpion, va falloir t'y mettre, Bertrand ! La Royal ? Tapie dans l'ombre, elle guette sa proie. Sa grande potesse Delphine Bato explique que si Ségo a mis rien moins que dix jours avant de s'exprimer au sujet des européennes, c'est parce que « sinon, elle se serait diluée dans le flot des commentaires. » Diluer Ségolène : une idée qui n'est pas sans déplaire tout à fait.

 

     Un autre, qu'on croyait dilué, voir comme dissout sous l'effet conjugué du grand âge et de la suffisance, c'est Balladur, Edouard. Je vous parle d'un temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître, mais cet homme, sachez les enfants qu'il a bien failli devenir Président de la République ! (c'était il y a longtemps, au moyen-âge, pensez : on avait même pas de portables !) Depuis, il s'était comme tassé, engoncé sur lui-même, jusqu'à disparaître totalement. Mais, miracle du spectacle politico-politicien, le voilà revenu sur le devant de la scène. D'accord, il se serait bien passé de ce come-back qui l'oblige à réapparaître sous les traits du méchant, lequel, en 95, finança une partie de sa campagne par le biais de commissions occultes, en provenance du Pakistan. Cette obscure magouille eut pour principale conséquence l'explosion d'un bus et onze morts, des ingénieurs français. Longtemps, par pure commodité, cet attentat fut attribué à El Qaida. On apprend aujourd'hui qu'il s'agissait d'une vengeance de militaires pakistanais, furieux que cessent les bakchichs français. Directement visé par le juge en charge de l'enquête, Balladur, Edouard, ex- premier ministre de la France, fit ce commentaire : « aucune preuve n'a jamais été apportée, c'est tout ce que j'ai à dire. » Traduction : je vous emmerde, pas vu pas pris, hé hé, je suis le plus grand des voleurs et je suis même pas un gentleman. Ailleurs, en d'autres temps, une telle affaire occuperait, de façon quotidienne, la Une des journaux, provoquerait une série de mise en accusation et des démissions en cascade. Mais nous sommes en 2009, et le président de la République s'appelle Nicolas Sarkozy. Tiens, quelle coïncidence : c'est le même nom que celui du ministre du budget du gouvernement Balladur.

 

      Pour finir, je vous vois venir : tête dans le trou, l'autruche, penaude, se garde bien de parler de l'Iran. Heu, l'Iran certes, mais pour dire quoi ? Qu'une théocratie « modérée » vaudrait mieux qu'une plus radicale ? Qu'avec Moussavi la Charia serait plus light, sans sucre ajouté ? Il n'y a qu'un occidental aux œillères bien vissées dans le crâne pour envisager que ce qui se passe en Iran serait l'amorce d'une révolution, fut-elle de velours. En conséquence : chut, triple chut. Il ne se passe rien en Iran.

 

     Et l'actuel débat sur la burqa idem, silence, rien à dire. Ou plutôt si, ceci : j'aime pas qu'on interdise, j'aime pas qu'on stigmatise et j'aime pas qu'on flique le monde. J'aime pas qu'on me dise ce que je dois porter, qu'on me dicte la taille idéale de mon short, j'attends de voir ce que feront les condés des nanas arrêtées en pleine rue. Les conduiront au poste, passage obligé par le vestiaire et port obligatoire du t-shirt siglé Nike ? Bien sûr, j'aime pas ces linceuls de tissu portés par des vivants, comme j'aime pas non plus croiser des bonnes sœurs en habit (on en voit de plus en plus, à Paris et ailleurs.) Surtout, j'aime pas qu'on m'oblige à être tout noir ou tout blanc, à choisir mon camp camarade, j'aime pas les camps, quels qu'ils soient. J'aime pas les religions, c'est contre elles qu'on devrait lutter, pas contre leurs victimes. J'aime pas les religions parce que j'aime pas les gens qui pensent qu'on doit faire le bonheur des autres malgré eux, et ceux-là, on en trouve aussi du côté des athées. Et merde, la burqa, finalement j'en ai parlé.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Frédo Ladrisse

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

céleste 23/06/2009 09:04

Bravo!

Je suis les réflexions de l'autruche, semaine après semaine et toujours avec jubilation. Fallait bien que je le dise, quand même :-)

Quand l'autruche eternue... 24/06/2009 17:50


Arf, je vais rougir... Ça fait plaisir, merci céleste  !!


Le Huron 23/06/2009 08:43

Moi non plus, je n'aime pas les religions quand elles mettent entre les mains d'illuminés la gestion de la société. Mais à chacun ses idoles ou ses béquilles. Tant qu'on ne me force pas et que ceux qui commandent ne demandent pas leur avis aux prêtres ou aux astrologues. Et tant que ça n'essaie pas d'entrer dans la champ politique par la rue comme la burqa. Porter un uniforme renforce un sentiment d'appartenance en le rendant visible et met une frontière entre ceux qui ne le portent et le reste de la société tout en exprimant une menace implicite. Les chemises noires ou brunes n'avaient pas d'autre objectif.

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