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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 17:36

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? L'autruche, qui va râlant, puisque privée de connexion durant pas loin d'un mois, sous prétexte qu'elle a changé de nid. A ceux qui l'ignoreraient encore, on confirme que chez Free se condense comme un ramassis de voleurs, de malades, d'abêtis notoirement incompétents. Ramassis grâce auquel ce blog cessa, quelques semaines, d'être alimenté. Ce qui, au passage, me valut quelques bordées d'injures, au premier rang desquelles celle de « militant Ump ». Arg. Va comprendre, Armande.

 

     Tandis que je cramais mon forfait à tenter de joindre la hotline de l'hôpital psychiatrique où sont hébergés les Freeman, la vie, au-delà des hauts murs, poursuivait son bonhomme de chemin. Julien Coupat recouvrait la liberté, enfin, non sans avoir, de sa prison, balancé quelque missile via Le Monde, quotidien du soir qui tombe. « Il n'y a pas d'affaire Coupat » , écrit par exemple Coupat. A méditer, les gars.

 

     Plus tard, un avion s'abîmait, comme on dit lorsqu'il tombe en mer, et cela fut l'occasion sur Europe-numéro-1-Radio-Nationale-d'Etat d'un débat de haute tenue, dont le thème laisse songeur, « faites-vous encore confiance aux avions ? » Ah bah non, dame, pensez. En même temps moi je m'en fous, c'est vacances à Vierzon et autorail, alors pensez. L'avion sans ailes a donc splitté dans l'immensité atlantique sans même que Charlélie Couture ait le temps d'achever sa chanson. Ça tombait mal, c'est le cas de le dire, car c'était également le jour de l'anniversaire du massacre de la place Tienanmen - 20 ans déjà, comme disent les cons. Aussitôt la racaille journalistico-vautourienne s'empressa de se jeter sur les restes déchiquetés des 228 malheureux passagers, passant quasiment sous silence le massacre, par l'armée chinoise, de centaines d'étudiants. L'essentiel n'est-il pas de ne point trop fâcher Pékin, dont notre économie dépend de manière non négligeable ? Gageons que commémorations et émissions spéciales et débats à n'en plus finir, seront autrement plus nombreux lors de l'anniversaire de la chute du mur de Berlin, en novembre. Tienanmen : une péripétie. Berlin : la fin du communisme, et de l'histoire, par la même occase. 

 

     Autre divertissement censé retenir notre attention durant le mois de mai - joli mois de mai couilles, plaisante l'Agnès Bihl en sourdine , autre spectacle joué à guichets refermés, les élections européennes. Oh, le beau numéro de cirque ! Jusqu'à l'ultime minute, les artistes ont su nous combler de leurs palinodies, au premier rang desquelles celles de Martine Aubry furent parmi les plus excellentes : « nous, ce qu'on veut, c'est changer la vie des Français. » Hum... « Maintenant, il faut être efficace, il faut voter. » Celle-ci n'est pas mauvaise. Mais je lui préfère celle qui dit que « l'Europe éloigne les peuples d'elle-même quand elle s'éloigne des peuples. » La claire obscurité de la pensée Aubryenne éclate ici, convenons-en. « Je crois que nous ne sommes pas encore crédibles », confesse cependant Martine. Belle lucidité. A droite, malgré la victoire annoncée on ne fut pas en reste de bons mots. Barnier, de l'Ump : « nous avons appris à respecter les électeurs et les électrices. » Ah oui? Et c'est récent ? A droite toujours, si si, toujours à droite, Bayrou tenta de nous faire chialer avec une story telling rédigée à bas coût par quelque béarniaise de base : « la retraite de ma mère, c'est 638 euros par mois. » Dis donc, c'est deux fois moins que celle de la mienne ! Elle a pas dû beaucoup bosser, dans sa vie, la mère Bayrou. Puis ce fut, enfin, le grand soir, avec sa cohorte de chiffres dont on se cogne comme d'une guigne, la débâcle socialiste qui nous laissa de marbre tandis que la « vague verte » nous fit bailler d'ennui. Alors qu'Eva Joly, d'Europe Ecologie, prévenait « je ne suis pas draguable » (ce qui, soit dit en passant, n'est pas une info toute fraîche), Noël Mamère en profitait pour cracher sur son passé, affirmant que « la gauche plurielle, c'est une période qui s'est achevée de manière cataclysmique. » Cohn-Bendit, de son côté, campait le rôle du héraut d'un soir, sentençait à outrance : « je voudrais calmer tout le monde (sic !). Je ne suis pas candidat à la présidence de la république. » Ce qui tombe bien vu que, uno, les présidentielles c'est rien moins que dans trois ans, secundo personne ne lui avait rien demandé. Quant à l'inénarrable Bové, revenu d'entre les morts, il choisissait de filer la métaphore champêtre : « chaque fois que je me suis engagé, je l'ai fait pour changer la paille. Je l'ai fait, donc je serai au parlement européen à 100%. » Pendant que tu y es, José, oublie pas de charrier le purin.

 

     Au final et comme d'habitude, tout le petit personnel politico-médiatico-merdeux fut convoqué avec, ce soir-là, une unique et commune consigne : passer par perte et profit les 60 % d'abstention, qui fit du parti des non-votants les seuls véritables vainqueurs. La posture, noble, sincère, de celles et ceux qui refusent désormais les règles de leur jeu tronqué, ne cesse de gagner du terrain. Seule bonne nouvelle de cette soirée.

 

     Pendant que ces sales gosses se partageaient les sièges et donc le gâteau strasbourgeois, paraissaient les chiffres du chômage : 600 000 sans emplois de plus, depuis janvier. Commentaire de Christine Lagarde : « c'est brutal, et ça va perdurer. » « Perdurer » : du latin perdurare, emploi devenu rare, ou alors qu'on a perdu. Cependant, selon la ministre, il serait encore trop tôt pour commencer de désespérer, car en matière de chômage « la France est dans la moyenne européenne. » Faut-il lui écrire que ça nous en fait une belle, de jambe ? On a soudain comme une crampe, d'estomac et de circonstance, à lire dans le même temps que Julien Dray, par exemple, fut surpris à se payer, en Suisse, une Rolex à 7000 euros, lesquels euros provenaient de son comité de soutien. « J'achète ce que je veux », a aboyé l'horlogeophile. Je serai curieux de savoir ce qu'en pense la mère Bayrou.

 

     Curieux ? A peine, de toute façon il va falloir penser à accélérer, les amis, on a pas vingt lignes devant nous et Nathan je l'entend d'ici qui susurre, soucieux censeur suranné, « merci de faire court, camarade. » Ce à quoi je regrette de ne pas avoir osé lui répondre que si sa mère avait fait court, il serait pas là, à la tribune, à nous emmerder, non mais oh !

 

     Et tandis qu'on faisait « court » dans ce congrès groupusculesque burlesque, très court, idéologiquement parlant, la mairie de Cannes produisait, dès le festival bouclé, un tract distribué en ville : « n'encouragez pas la mendicité, donnez directement aux associations. » Ah oui, lesquelles ? Aux orphelins de la police ? L'opération, on l'a compris, vise à débarrasser la ville de toute présence Sdf. L'été approche, c'est vrai, avec ces cohortes touristiques qu'il serait malvenu et contreproductif de soumettre au spectacle de la misère. Interrogé à ce sujet, le maire-adjoint de cette ville de pignoufs a tranché dans le vif : « la mendicité isole la personne dans la drogue et l'alcool. » Alors que, comme chacun sait, la laisser crever de faim la rapproche de ces contemporains, au grand parking des allongés.

 

    Diego y dort désormais, dans le cimetière des oubliés. Il venait d'avoir sept ans. Il est mort dans l'incendie qui a ravagé le campement Rom, à Bobigny (93), le 23 mai dernier. Dans le journal municipal, on apprend qu'il aimait aller à l'école.

 

                                                                                                     Frédo Ladrisse

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Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
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commentaires

Spartacus 20/06/2009 19:37

Ca bastonne dur. Un chouette beau résumé de la période écoulée, jolie plume. J'aime bien.
Et une grosse baffe pour finir. Ca sonne mais c'est bon pour l'esprit...

Le+Huron 17/06/2009 09:09

Hé bé, ça te réussit le système Free. Loin de te pomper l'énergie, il a fait monter la pression. Salut et fraternité!

Quand l'autruche eternue... 20/06/2009 11:48


Merci Huron, mon frère en plume!... Et comme Free continue de me faire des misayres, la pression risque encore de monter d'un cran!


Nathan 15/06/2009 22:33

J'allais oublié : dans un soucis d'apaisement, opposition au 143 ! ^^

Nathan 15/06/2009 22:32

Je veux aps dire mais depuis que l'autruche ne squatte plus la page 5 du Monde libertaire, elle est long... essaye de faire camarade ! ;o)

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