Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 18:58

Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Derrière le rideau de fumée d'une actualité qui serait, nous dit-on essentiellement constituée par la bordée d'excuses débiles proférées par Royal - que viendraient compléter deux phrases, parfaitement incompréhensibles, prononcées un soir de beuverie par Rachida Dati -, derrière ce rideau pittoresque se dessine la silhouette d'une guerre sociale en marche. Fillon, droit dans ses bottes et ses habits d'Adolphe Thiers du troisième millénaire, promet de poursuivre les auteurs du saccage de Compiègne (et une sous-préfecture de moins, une !) Quant aux séquestrations : « ces prises d'otage ne sont pas acceptables. » Saut de langage, vous l'aurez remarqué, qui voit de simples retenues de personnes requalifiées en prise d'otage. Terroristes, les salariés ? Pas encore, mais c'est pour bientôt. Déjà les singes cagoulés du GIGN  rongent leur frein, rêvent d'un assaut mené sur le dernier étage de la société Tartempion, et la libération de Raymond Trouduc, patron. Quoi qu'il en soit, les Conti auront donc affaire à la justice de crasse. Pas qu'eux, puisque les séquestrés de chez Caterpilar ont déposé plainte, à leur tour. Ils seront certainement suivis par quelque Pdg et Drh de chez Molex, lesquels ont réellement vécu l'enfer, qu'on en juge plutôt : « c'est très humiliant de devoir demander la permission d'aller aux toilettes », chiale Kerriou le patron. Pov' chou, t'es pas encore propre, à ton âge ? Et sa co-séquestrée Coline Colboc, de soupirer : « une séquestration, ça nous braque, alors que les gens pourraient partir dignement [sic !], en paix avec l'entreprise. » Allez en paix, chômeurs, hommes et femmes aux vies brisées, l'entreprise vous pardonne, allez...


     De paix, il ne saurait être question. Nous savons qui a déclenché cette guerre sociale, et, comme dit le slogan qui fleurit ces jours-ci  sous les fenêtres des licencieurs, nous ne paieront pas pour LEUR crise. Paroles de Conti : « Fillon a dit que les voyous seraient punis. Il n'y a pas de voyous chez nous. » Un autre : « maintenant, à chaque fois qu'on nous prend pour des cons : opération coup de poing ! » Un autre encore : « la prison, on y va avec nos familles, si ils veulent. » Tout est dit, et rien n'est perdu, puisqu'en face, ils ont peur. Coline, la Drh au prénom de poisson pané : « l'équipe de management a peur. Nous allons sécuriser le site. » Traduction : le rottweilleriser, à grand renfort de vigiles, et puis déménager, se planquer dans les chiottes managériales d'où, il faut l'espérer, d'aucuns viendront les déloger. Déjà, sous la plume de l'excellentissime Jean-Pierre Levaray, un ouvrier un vrai et un copain, un vrai, on apprend que les organismes de formation pour cadres, toujours à la pointe du progrès, proposent des séminaires de gestion des séquestrations : « préparer des barres chocolatées dans le tiroir de son bureau, toujours garder son portable, avoir du lexomil à portée de main... » Et le trouillomètre à zéro planté droit dans les fesses ?


     N'empêche, pour le pouvoir en place, s'impose la nécessité de rapidement sévir, avant que l'épidémie de séquestrationnite ne s'étende jusqu'à Vesoul et même au-delà, c'est dire ! Souci : sévir oui, mais discrètement, taper de son petit poing sur la table mais avec discernement, car même si ça ne s'ébruite guère, ce type d'action trouve grâce auprès de l'opinion publique. L'opinion publique, elle comprend. Mieux, elle soutient, elle encourage. C'est que, dans l'opinion publique, nombreux sont celles et ceux séquestrés des heures durant, chaque jour, et ceci sur de longues années. On appelle ça le salariat.


     Sévir, donc, plutôt que subir. Les chefs d'entreprise, au lieu d'essayer de sauver des usines qu'ils avaient de toute façon prévu de fermer d'ici peu, vont maintenant s'échiner à punir les gueux qui ont osé s'en prendre à eux. Tout ces petits prétentieux d'ouvriers seront renvoyés à la niche à coup de trique s'il le faut, et, une fois réduit à l'inactivité, auront tout loisir de méditer l'exemple d'Axel Miller, dirigeant de la banque Dexia, banque sauvée in extremis par l'intervention de l'Etat. Axel Miller qui, ce mois-ci, part en retraite avec un chèque de 825 000 euros. Mieux, son successeur, Mariani (un plus que proche de Sarkozy), sitôt installé dans le fauteuil s'est octroyé une hausse de salaire de près de 30 %, soit une rémunération annuelle de 1 million d'euros.  Tout va donc pour le mieux au pays des voleurs et on dit merci qui ? Bin merci la crise, tiens, merci, surtout, les pauvres, qui, par le biais de l'impôt, désormais financent les banques et autres maquerelles du même tonneau.


     Face à de telles dérives, le pouvoir doit faire bonne figure, donner le change et laisser accroire que c'est ina-cce-ptable ! Fillon, encore lui : « on a demandé à madame Parisot de mettre en place un comité d'éthique », ah ah, elle est bien bonne. Surtout, « il faut que les membres de cette commission soient inattaquables », hi hi hi.  Autant demander au croque-mort de sauver le moribond.


     Et pendant ce temps, à Calais, on pourchasse, on arrête 200 migrants, histoire de faire place nette avant la visite de Besson, le ministre des expulsions : « la loi de la jungle ne régnera pas, ni ici à Calais ni ailleurs en France », persifle Kaa-le-serpent. Et pendant ce temps le juge Burgaud, qui envoya en tôle 13 personnes innocentes, plutôt que la suspension prévue, ce qui n'était pas cher payé, se voit infliger une « réprimande, avec inscription au dossier. » Parions que cette nuit, il dormira moins bien. Pendant ce temps la Ratp, après avoir fait modifier l'affiche de l'exposition sur laquelle on voyait, horreur !, Jacques Tati fumer la pipe, refuse l'affiche du film « Coco avant Chanel », car Audrey Tautou tient, entre ses doigts,  une cigarette ! Leur reste  à interdire les bouches, puisqu'embrasser nuit gravement. Heureusement que la Régie Autonome des Talibans Parisiens sait nous protéger de tels dangers.


     Pendant ce temps, et comme pour sauver la semaine, les rigolos du collectif Sauvons les Riches s'incrustent dans une soirée huppée et remettent à Jean Sarkozy le diplôme de fils à papa, mention Jacques Séguela. Commentaire du lauréat : « il y a des riches, il y a des pauvres, c'est vrai. Mais il ne faut pas les opposer. » Chassez le naturel, il revient au golio.


                                                                                                                                                                                                                      Frédo Ladrisse.  


La question de l'autruche que tu liras nulle part ailleurs et même que si tu y réponds tu gagnes une plume, ou presque :


Dans une récente interview, la maman de Carla Bruni a parlé de son gendre, Nicolas Sarkozy, oui d'accord, mais en quels termes ?

 

C'est vraiment un pov' con

C'est un véritable don du ciel

-  Nicolas ? Nicolas comment ? C'est qu'elle en a connu, des Nicolas, ma Carlitta

Partager cet article

Repost 0
Published by Quand l'autruche eternue... - dans politique
commenter cet article

commentaires

tacobell 28/04/2009 14:48

trop lol la fin

Pangloss 27/04/2009 09:20

Il y a heureusement des bonnes nouvelles: Sarko en Espagne. La presse nous annonce un combat au sommet plein de glamour et d'élégance à l'occasion du dîner "offert" par le roi (et en plus, ils ne paieront pas l'addition!) entre l'infante d'Espagne et la "première dame de France" (il y a un classement? J'aimerais connaître le rang de ma copine). J'imagine la fin du repas! Allez les go-go girls! Montrez-nous ce que vous savez faire!

Nathan 26/04/2009 23:32

Belle autruche ma couille ^^

Présentation

  • : Quand L'autruche eternue
  • Quand L'autruche eternue
  • : "Hommes/femmes politiques, journalistes au petit pied, philosophes du dimanche ou stars à la ramasse: tous sèment des perles de bêtise, sans se douter que, dans l'ombre, l'autruche les note, les commente, s'en gausse, et recrache le tout sur ce blog."
  • Contact



Publication aléatoire,
inscris-toi à la newsletter pour être informé des
 nouvelles publications.

Rechercher

Vieux Trous

'autres qui font des trous

  
 

images-copie-43.jpg

LIEN-ZONA-YAROST.jpg

LIEN-FA-CLAAAAAASH.jpgLIEN-COLLECTIF-CONTRE-CULTURE.jpg

LIEN DIONYVERSITElien-maldoror.jpg

LIEN-EDITIONS-DU-ML.jpg

lien-Publico.jpg

lien-radio-libertaire.jpg

LIEN ML