
Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? La semaine avait bien commencé, quand,
lundi, les ministres Darcos et Besson se voyaient empêchés de prononcer leurs discours inaugurant la médiathèque de la cité de l’immigration, à Paris. Sous les slogans, les quolibets des
manifestants venus en masse (étudiants et sans papiers au coude à coude), ils ont dû « renoncer et se sont esquivés
dans un espace plus privatif », selon le journaliste du Parisien. En novlangue, espace privatif, c’est comme ça qu’on
appelle les chiottes où on se planque. Oui, bel et bon début de semaine, mais déjà ça se gâtait avec Sarkoléon qui, mettant à profit le
1er avril, s’invitait sur Europe 1 Radio Nationale d’Etat. Le caniche Elkabbach lui servait la soupe à grande louche, à la veille du G20, à quelques jours aussi du sommet de
l’Otan. « Je suis un ami des Etats Unis, mais un ami
debout », ânonnait Sarkozy. Salivant à l’idée d’enfin rencontrer Obama, « on va faire du bon travail ensemble », annonça-t-il, en une énième tentative pour se hisser au niveau de son Barack d’amour. Puis,
questionné avec des pincettes d’argent au sujet de la crise, « c’est quand
même pas de ma faute si, pass’qu’y’a moins de croissance, y’a moins de consommation ! » Non c’est de la mienne, tiens ! Pourtant, il finit par
avouer : « je me sens responsable de tout. » Et coupable de
rien.
Au reste, même Olivier Blanchard, conseiller économique en chef auprès du FMI (ça en
jette, hein ?), reste dubitatif face aux maigres signes de reprise : « y’a des hirondelles, mais c’est pas le printemps. » Tout fout le camp, ma pov’dame… Mais écoutons
plutôt Eric Brunet, journaliste ultralibéral s’il en est, pour qui « la
situation internationale n’a jamais été aussi catastrophique. » Même que la seconde guerre mondiale, à côté de La Crise, c’était
du pipi de chat. Puis, s’adressant à son contradicteur, membre obscur de l’obscure direction du Ps : « vous,
les traders, vous voudriez les guillotiner, vous ! » Oui, et dans la charrette grimperaient également quelques journalistes. Pour finir, Brunet eut cette
fulgurance : « arrêtons de faire prendre aux Français des lessives pour des
lanternes ! » Véridique. Mais qui c’est qui a piqué le cadeau Bonux ?
Plus tard dans la semaine Sarko s’en alla donc à Londres, serrer la pogne à Obama.
« On a un sacré travail à faire, pass’que y’a un paquet de problèmes à régler,
hein ! » Quand je l’entends parler, des fois, c’est mon garagiste que j’entends. Cependant, selon Lefèbvre, porte-parole de l’Ump, « la méthode de Nicolas Sarkozy, vous la connaissez. Eh bien, il se trouve que le monde entier est en train de
l’appliquer. » Rien que ça, le monde entier. Swaziland y compris.
Qu’en pense Philippe Val, de la méthode Sarkozy ? Il n’a pas à s’en plaindre, puisque pressenti par l’Elysée pour diriger France Inter, à partir de mai.
On se souvient qu’il avait pris la défense de Jean, le fifils, allant jusqu’à virer Siné de Charlie hebdo. Eh bien, papa Sarko s’en est souvenu, comme quoi la lèche, ça rapporte gros.
Comme par ailleurs Val-taille se trouve être l’ami personnel de la Carla Bruni, c’est tout naturellement qu’on va l’installer aux manettes. « Ça m’intéresse, mais ce n’est pas d’actualité », a minaudé le Valet de pied. T’inquiète, ça le
sera dans moins d’un mois.
La méthode Sarkozy, effectivement on la connait : faire nommer les copains
prétendument de gauche, afin de déstabiliser une opposition moribonde. Au reste, les socialistes s’en cognent, qui se mirent dans l’onde, à la façon de Ségolène : « il se trouve que je suis entendue, que les gens croient ce que je dis, que je fais exploser l’audimat. »
Waow, miroir, mon beau miroir… « Je suis une personnalité politique
incontournable, c’est comme ça. » Il me semble pourtant qu’en mai 2007, tu fus proprement contournée, mémère…
Que n’a-t-elle eu, mémère, l’idée lumineuse de Dati, candidate aux européennes ! S’adressant aux jeunes par le biais des micros de Fun radio, elle a lancé « votez pour moi en échange de la Wii ! » Ça, c’est du programme, Rachida!
Et pendant que ces fumistes démagotristes en diable enchaînent les tours de piste, copines et copains, à Strasbourg, se font charger par les bœufs, se font gazer, arrêter, frapper, humilier, insulter, inculper, embastiller,... « On est en train de gagner la guerre », fanfaronnait, samedi matin, un gendarme mobile. C’était donc ça, Strasbourg : une guerre. Saloperie de fin de semaine.
Frédo Ladrisse.
La question de
l’autruche que tu liras nulle part ailleurs et même que si tu y réponds tu gagnes une plume, ou presque :
Un mail de l’animateur téloche Jean-Luc Delarue vient d’être rendu public. Il y donne des consignes à ses collaborateurs, pour les émissions à venir. Quel est son contenu ?
- « Si tu reviens, j’annule tout. »
- « Faut y aller fort, de l’infidélité de proximité, de l’inceste, de la mère pédophile ! »
- « Visons la qualité, invitons des poètes, des philosophes, des créateurs ! »
Vos Eternuements