Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Ça a donc remanié plus sec que prévu, expuls'man nommé chef des flics, le chef des flics nommé chef des juges, et le reste à l'avenant. Arrêtons-nous un brin sur MAM : l'ex-tenancière des comicos, responsable du cirque dit de l'affaire Tarnac, la voilà désormais « en charge de la justice ET des libertés. » Ça fait peur, je vous l'accorde. Et Darcos, le maton des profs, devenu ministre du travail ? Brrr... Au revoir les enfants, bonjour les parents, et au boulot maintenant! Vous me direz, il n'y a pas que de mauvaises nouvelles, la preuve : Boutin dégage, retourne à son néant bovin. Elle prend Laporte en ses bagages, mis dehors lui aussi, qui ça ? Laporte, vous savez, le mi-demeuré misogyne, con comme un bœuf sous codéine. Un rugbyman, en somme. Autre bourrin de première, mais qui entre à l'étable plutôt que d'en sortir, Mitterrand, Frédéric. Ministre de la culture, oui mon neveu, on en chialerait pour moins que ça. Mais Darry Cowl n'était pas libre, et Michel Galabru finalement s'est désisté, alors Mitterrand, Frédéric. Rien que pour le symbole. Comme le relevait son collègue Eric Besson « un Mitterrand au gouvernement, c'est la cerise sur le gâteau. » C'est ça, ce n'est rien d'autre. La culture, pour ces gens, c'est ça. Une friandise. Une queue de cerise. Il faudrait ne jamais oublier que ces gens ont été capables de nommer François Léotard ministre de la culture, et même Jacques Toubon ! Ces gens-là sont capables de tout.
C'est peu dire, dès lors, que la nomination de l'animateur de téloche n'étonnera que les fans de Pina Bausch (qu'elle repose en paix), ainsi que les ultra gauchistes pouilleux décadents dépassés terroristes en puissance s'obstinant à relire la princesse de Clèves. Pas crédible, F. Mitterrand ? Qu'on en juge plutôt : la première sortie du ministre fut à destination du public de M. Jackson : « c'est d'une effroyable tristesse », qu'il a dit, quand l'autre a canné. Voilà qui est original. « Tout le monde à un peu de Michael Jackson en lui », qu'il a cru bon de rajouter. Voilà qui a le don d'effrayer.
Il y a pire, je vous l'accorde, dans le registre de l'horreur. Ainsi Sarkozy se coulant dans les habits de Thiers, Adolphe, menant son show depuis Versailles, un show, vraiment ? Une offensive, plutôt, et à ceux qui n'y ont vu qu'un aimable exercice de rhétorique appliquée, nous ne saurons trop conseiller de changer de binocles. Sarkozy devant le parlement, c'est Pétain demandant au même de lui voter les pleins pouvoirs. Dans un cas comme dans l'autre, l'opposition se contenta de ne pas applaudir le maréchal du moment. Bravoure, quand tu nous tiens... Et notre petit Thiers impayable de dérouler, tranquille, son train-train réformard à la va-comme-je-te-pousse du côté du fossé, toujours. Les retraites ? « en 2010, tout sera mis sur la table. » Vraiment, tout ? Y compris le bouclier fiscal (10 milliards de perdus), les exonérations de charges patronales (8 milliards d'envolés) ? Pensez bien que non, amis riches, patrons, banquiers, pas d'inquiétude à ce sujet. On n'y touchera pas et, mieux, pour financer les beaux cadeaux de ceux pour qui c'est Noël 365 fois par an, on va faire appel à l'emprunt. Le Français de base, doit bien lui rester une piécette de vingt dans la poche. On va se débrouiller pour venir la lui voler.
Du gâteau, de la cerise, le Français de base ne sucera jamais que le noyau. Et
encore. Fillon, dont la fonction consiste à inaugurer le salon des arts décoratifs (à Vierzon, fin juillet), n'en a pas moins prévenu qu' « il n'y a pas
d'autres solutions, pour sauver nos régimes de retraite, que de travailler plus longtemps. » Allégeance stylée au syndrome TINA, raccourci de l'antique thatchérienne
formule There is not alternative, bref : rien de nouveau en cuisine, c'est toujours dans les vieux fours qu'ont fait cuire les pires gâteaux, cerise sur le dessus ou pas.
Frédéric Lefèbvre, pour sa part, en bouledogue appliqué léchant les bords de sa gamelle, insiste sur la nécessité qu'il y aurait, selon ses babines, à faire bosser les malades tant qu'ils ne sont
pas tout à fait morts. « Ça va dans le sens de la modernité, on y reviendra », aboie le clebs à son pépère. Belle modernité que
celle qui nous ramène à l'aube incertaine du terrible XIXe siècle ! Plus loin le voilà, le Lefèbvre, qui s'improvise thérapeute à la manière de Knock : « il y a beaucoup de Français qui ont besoin du travail pour guérir. » Je pensais moi, naïf, qu'il y en avait surtout beaucoup que le travail
rendait malades.
Malade, elle l'est certainement, qui ? Mais la philosophie ! (On appelle ça art de l'enchaînement, et c'est tout un métier). Malade, oui, si tant est qu'on la considère par exemple représentée par, je sais pas moi, Finkielkraut ? Mauvaise pioche, mauvais philosophe, salonard de première, rien que de l'évoquer grande est la tentation de mettre un p là où trône un n. Défenseur de première ligne de cette salonerie de loi Hadopi, il dit, à propos de son retoquage temporaire : « la France s'est retournée contre les droits de l'homme. » Rien de moins. Confondre à ce point les droits de l'homme et les droits de la Fnac, n'effraie guère le Finkiel', pour qui cette décision est « d'une muflerie incroyable. » Sic de chez sic. Ainsi, pour lui, un avis du conseil constitutionnel pourrait revêtir les oripeaux d'une muflerie incroyable ? A mon avis c'est sa connerie, qui est assez incroyable. Au sujet de la burqa, en bon islamophobe soucieux de faire chauffer l'huile qu'on jettera après sur le feu, Finkielkraut se lâche : « depuis l'amour courtois, la France, c'est la présence des femmes, c'est la visibilité des femmes. » C'est regarder sous les jupes hein, c'est à ça qu'elle sert la femme, hein... M'est avis qu'il devrait arrêter de s'exciter comme ça, il va faire sous sa robe de bure, le philosophe branlophile. « La burqa est une forme d'exhibitionnisme, et en France, les exhibitionnistes sont condamnés », lâche-t-il comme un dernier jet. Où l'ont en revient au fantasme du sieur Finkielcroute, lequel veut condamner les exhibitionnistes mais ne manque pas une occasion de s'exhiber tout déhanché sur le premier plateau télé réclamant sa présence puisque, une fois de plus, Darry Cowl est trop occupé. Cerise sur le gâteau de sa haine de l'étranger, le salonard envoie ceci, en forme de grenade qu'il se plait à dégoupiller : « la burqa est peut-être minoritaire en France - c'est l'autruche qui souligne -, mais dans les cités les gens d'origine européenne ne se sentent plus chez eux. » Et de préciser, curieusement : « se sentir chez soi n'est pas un sentiment de droite, c'est un sentiment de gauche. » Ah ? Clochemerle votait communiste, et on nous a rien dit ? Peu importe, au demeurant, que ce sentiment soit de droite ou de gauche. Le « se sentir chez soi » pue, sur cette fétidité-là prospère les Marine Le Pen, les Brice Hortefeux-de-paille et autres pétaino-sarkozystes galopants. Misère de la philosophie, ou philosophie de la misère ? Les deux, mon petit caporal.
Misère aussi que de trouver, sous la plume de Michel Onfray (philosophe s'il en est mais qui ne sait pas se taire assez dès qu'il s'agit de politique, sujet sur lequel il est faible), un article titré « abstention, piège à cons. » C'est un vieux titre usé mille fois, notamment par Libération, entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2002, ça nous rajeunit pas. Depuis, les mêmes qui hurlaient au loup et nous enjoignaient de voter contre le péril lepéniste - ce que mes amis et moi nous gardâmes bien de faire : on s'en félicitait hier, on s'en félicite aujourd'hui -, sont les mêmes qui laissent s'étendre, en tout sens et en tout domaines, les tentacules du pétaino-populo-sarkozysme. Onfray est une belle personne. Il suffit de le lire et/ou de le rencontrer pour s'en persuader. Mais cette belle personne, par moment, se fourvoie. Dans ce texte elle vomit les abstentionnistes, « tout aussi responsables, sinon coupables -mazette ! », que ceux qui ont voté pour Sarko lors des européennes. Coupables de quoi ? De « ne pas avoir voté contre lui. » Nous voilà voués aux gémonies mais dites, monsieur Michel, fallait faire quoi alors ? Voter NPA, qu'il nous dit... « Certes, les élections ne sont pas tout », prévient-il en début d'article. « Mais elles ne sont pas rien non plus. » Ah bon ? Misère de la philosophie, que d'entendre l'auteur de « politique du rebelle », livre essentiel s'il en est, ânonner le catéchisme trotskard, en sa version la plus puérile... Tristesse que de voir celui qui, avec l'air de ne pas y toucher, a réhabilité l'athéisme contemporain, s'abaisser pour le coup à compter les cerises en bocaux, pardon : les bulletins dans les urnes. Là-dessus l'autruche reviendra, comme le texte d'Onfray appelle une réponse, point par point, et qu'il serait étonnant que son goût du dialogue trouve ici sa limite.
Je n'ai entendu ni Onfray, ni à fortiori Finkiel', réagir face aux agissements des nervis de la CGT qui, à la bourse du travail, à Paris, on jeté sur le trottoir et à coup de bâtons musclés plusieurs dizaines de sans-papiers. Y fallait libérer les salles, on doit y préparer la promenade d'octobre, pardon : la Grande Manifestation Intersyndicale de Mes Deux. Depuis, les familles campent dans la rue, devant ce qui était naguère la maison des travailleurs. Depuis, certains de mes amis, encartés à la CGT, se sont émus de leur situation, et ont protesté fermement quant aux agissements de leur syndicat, ou de ses représentants. Mais aucun n'a rendu sa carte. Misère du syndicat.
Frédo Ladrisse
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Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? Une pléthore canaille, patrons et gouvernants, qui dans un même mouvement opinent du chef derechef et salivent à l'idée de nous
faire travailler plus, toujours plus, plus longtemps, plus vieux, plus malades. C'est Lefèbvre, l'arrogant roquet Ump, qui propose de mettre au boulot le tire-au-flanc en arrêt de travail
(internet, télétravail, j'en passe et des bien pires.) C'est ensuite Hortefeux, qui se lâche au sujet de l'âge légal du départ en retraite. Fillon lui emboîte le pas :
Tirant tête hors du trou, qu'entends-je ? L'autruche, qui va râlant, puisque privée de connexion durant pas loin d'un mois, sous prétexte qu'elle a changé de nid. A ceux qui
l'ignoreraient encore, on confirme que chez Free se condense comme un ramassis de voleurs, de malades, d'abêtis notoirement incompétents. Ramassis grâce auquel ce blog cessa, quelques semaines,
d'être alimenté. Ce qui, au passage, me valut quelques bordées d'injures, au premier rang desquelles celle de « militant Ump ». Arg. Va comprendre,
Armande.

















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