Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? A Domrémy cette semaine, vinrent ahaner les Preux du Sarkozistan-pour-mille-ans, plaçant guêtres et escarpins en les pas de la Sainte
Pucelle — bonheur de voir la Morano en l’occase entonner, goulue, « en passant par la Lorraine, oh ohoho », avec ses gros sabots et opinant du chef telle une truie avinée. Morano : nous y
reviendrons. Restons un temps sur la pucelle et, à l’instar d’un Sarkozy venu en ce patelin moins pour entendre des voix que pour en pêcher quelques unes, chantons les louanges de la Jeanne :
« la première résistante française » serait aussi, selon lui, « la plus connue de par le
monde de toutes les Françaises. » Un bref sondage auprès de mon voisin malien suffit à établir qu’il semble que ce soit plutôt Josiane Balasko : faux !, rétorque mon voisin
russe, c’est Cécile de France — laquelle comme chacun sait, est Belge. Bref, on y serait encore si, à quelques heures de distance, n’avait tonné dans le ciel clément de ce mois de janvier bizarre
l’annonce selon laquelle Marine Le Pen approcherait, dans un sondage, les 30% d’intention de vote. Fichtre. C’était dans Libé. Ventre Saint-Gris, adieu pucelle, et Hallali-lalère, sus au FN !
Seulement voilà, tourneguidouille : à le renifler de plus près ce sondage-ci sentait fort le coquin, à comme ça accumuler les « oui, je voterai Le Pen », avec les « oui, probablement », et avec
les, surtout, « non, probablement non », interprétés arnaqueusement comme autant de oui possibles, certes on obtenait au final les 30% qui font peur et qui font les gros titres, mais le procédé
se révélait largement capillotracté. Enorme est ce tour de passe-passe, et c’est peu dire que Libé ferait bien de se remettre à faire un peu de journalisme, plutôt que d’agiter ses épouvantails
de papiers censés pousser le troupeau vers le vote dit utile. D’autant qu’il n’y a jamais de vote que futile. Oyé.
Cependant, catacataclop, toute autruche qu’on soit en ce soyeux plumage, on cavale
derrière ces tordus et pas un jour n’expire sans que ne nous soit livré son lot de billevesées. Jeudi, c’est Morano, en visite dans son bled de mort: «
regardez, dans cette pizzeria on fait des pizzas DSK, des pizzas spécifiques, à base, hihi, de béchamel. » On comprend que la Nadine, quand elle se fait épingler par Sophia
Aram, se permette de lui rétorquer « vous vous dites humoriste, eh bien, vous ne faites rire personne ! » C’est qu’en matière
d’humour, la Morano est une puissance ! Le crime commit par Aram ? S’être permis de dire que la Nadine était vulgaire. Or, « populaire ne veut pas dire
vulgaire, madame. » Elle n’est pas que vulgaire, celle que d’aucuns se plaisent à surnommer l’aigre Nadine —comme la boisson, hihi : en matière de QI, elle est également très
en dessous d’un sèche-cheveux au repos. Un exemple, de plus ? Sur twitter, ceci : « je tape plus vite que mes doigts, mais je corrige aussi vite que ma
pensée. » Et inversement, ça donne quoi?
Plus tard, c’est encore Morano qu’on trouva à la charge, quand il se murmura de-ci de-là
que Hollande — c’est le candidat socialiste à l’élection présidentielle — avait traité Sarko de sale mec. C’était pas terrible, pas mordant, même pas insultant, contrairement à un certain «
casse-toi pov’con », pas tombé dans les oubliettes. Pourtant, de ce « sale mec », la Nadine s’en étrangla, pour la forme et en live sur les chaînes de téloche, manque de respect envers son
seigneur et maître et tout le binz, et il fallut attendre qu’elle pousse le ridicule jusqu’à exiger des excuses de la part de Hollande — c’est le candidat socialiste — pour que les cadors de
l’Ump viennent eux-mêmes la calmer, lui faire son shoot de naphtaline.
Mais c’est terrible, la politique : à peine Morano s’était-elle endormi sur ses deux
narines qu’une autre de ces harpies, assoiffées d’urne et de bulletins de vote, s’éveillait, et donnait du groin. Boutin ! Christine ! Nul pieu sacré ni gousse (d’ail) ne put jamais venir à bout
de la fromagère des Carpates ! Elle est là, debout, bien en chair, elle suce (votre sang) pour pas cher ! Surtout, elle est, comme naguère, impayable, incorrigiblement rétrograde et nuisible.
Lors d’un débat sur la famille, cette engeance lâcha: « comme responsable politique, je sais que l’intérêt supérieur de l’Etat est d’assurer la pérennité
de cet Etat. » Hum hum, et donc ? Et donc, « cette pérennité se fait par la naissance des enfants, or aucun accouplement entre
homosexuels ne donnera naissance à un enfant. » Ici, une pause. Le temps de noter que pour Boutin les homosexuels s’accouplent, comme les animaux, en somme. Seuls les hétéros
seraient susceptibles de faire l’amour ? C’est entendu, mon bon Gringoire. Une pause également afin de bien renifler cette bouse, qui lui sert d’argument contre le mariage homo. Car, pour Boutin
qui nous revient d’un voyage à travers le temps, mariage égal enfant. Homo égal pas d’enfant, donc homo égal pas mariage. CQFD, ma bonne, retournez z’en cuisine. Une pause, enfin, pour ceci : aux
copains/copines nanars qui se demandent comment en finir avec l’Etat, Boutin livre sa solution : n’engendrez plus, les filles, les gars ! De cette façon l’Etat, et du même coup Boutin, devraient
finir par disparaître.
Cessons-là, cependant, toute pornographie. Il y a en effet plus grave en cette vallée de
larmes et Sodome, il y a la Culture, oui madame. Car la culture, c’est le diable invité à table ! Aussi est-ce non sans courage que Christine Boutin, dite « la pucelle de Grey-lès-Vesoul »,
Christine, de son vrai nom Wiki Christine Marcelle Valérie Cécile Marie Boutin, née Martin comme Arthur et les cuisines du même topo, que Christine, donc, enfourcha Rocco, son fidèle destrier, et
s’en alla pourfendre la sorcière socialiste qui lui faisait face lors du débat : « vous, vous êtes pour une construction culturelle du mariage et de la
famille, moi je souhaite le respect de la nature. » Et toc. Calmée, la gauchiste ! Qu’il nous soit néanmoins permis de rappeler à Christine Marcelle Valérie et à toutes leurs
frangines que l’opposition nature/culture n’est plus qu’une resucée de catéchisme mal dégluti, qu’elle ne tient pas la route une nanoseconde, et qu’il leur suffira, pour s’en convaincre tout à
fait, de parcourir l’excellent livre paru en 2009 et titré « la sexualité animale », édition du Pommier. On y apprend que, « de la couleuvre jarretière à
flancs rouges jusqu’aux oies cendrées », ça copule, ça copule, ça partouze dans nos forêts, en nos gazons, partout ! Tandis que les dauphins chopent des tortues dont ils se
servent comme autant de « dauphines gonflables », les girafes s’accouplent entre mâles et le scarabée japonais, incapable de faire la différence entre mâles et femelles, monte les unes et les
autres, selon ce qui se présente. Si on observe de près un agrégat de charançons, on verra que « les mâles montent les femelles, que les femelles montent
les mâles, que les mâles se montent entre eux et que femelles ou mâles montent les couples déjà formés ». Et pendant que nos amis les gorilles des montagnes s’enculent à qui
mieux-mieux, libellules et blattes pratiquent une sexualité collective débridée à faire pâlir le plus aguerri des clients du Carlton de Lille. « Respect
de la nature », nous dit Christine, née Martin. Ok, mais vire ton slip, je vois arriver les gorilles.
Frédo Ladrisse.
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Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? C’est reparti pour un tour de train-train, Noël et jour de l’an en guise d’arrêts forcés, Tchou-Tchou des fêtes mille-et-une
fois recommencé et que rien, ou si peu de choses, n’osent venir perturber. Ainsi, les grèves cheminotes annoncées à l’orée de la période sacrée, n’auront finalement pas lieu. Celles et ceux qui
comptaient sur le syndicat, les arrêts de travail, pour servir de prétexte et éviter le calvaire du réveillon chez tonton Serge, en seront pour leurs frais. A l’occase, on apprend comme ça comme
en douce que la Cgt et la direction de notre glorieuse Sncf ont passé un « pacte antigrève », pour ne pas gêner l’entreprise au moment de l’ouverture à la concurrence. C’est beau, un
syndicat qui veut pas gêner son patron.














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