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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 21:35

« Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est qu’elle pensent qu’on va leur jeter des sardines », disait Canto l’Ancien, le plus grand métaphysicien que Manchester United ait jamais porté sur le terrain. Quinze ans et des tombereaux d’analyses plus tard, Cantona livre enfin le vrai sens de cette phrase, balancée à l’époque comme on jette un os à des chiens, à quelques 500 journalistes : « il fallait simplement comprendre : je suis en train de ne rien vous dire du tout. »

Rien du tout ? Pas certain. Car la sentence mouettophobe a ceci de pratique qu’elle peut être mise à toutes les sauces : sardines à l’huile, sardines à l’eau, et s’appliquer, ou à peu près, à toutes les situations de nos tonitruantes et pourtant vénales existences. Ainsi, ce blog. A la barre de l’Autruche depuis plus de dix ans, je vois le fringuant chalutier désormais suivi de près, attaqué nuit et jour, harcelé par une nuée de mouettes commerciales, merchandiseuses à souhait, pubards de merde, enfants de courtisanes vérolées jusqu’aux trompes de Fallope, en un mot : fils de putes. Une engeance à vomir venait polluer votre lecture, annonce pour un site de rencontres entre coreligionnaires, astrologiques prédictions misent en regard d’un billet traitant de la religion, cette déviance, j’en passe et de plus salaces encore. Une chose était certaine : malgré coups de torchon et balai, nettoyage en grande largeur, ça continuait, donc : faut que ça cesse !

On a viré de bord, changé d’hébergeur. On a passé des heures à récupérer les archives avant de rejoindre d’autres ports. A la manœuvre : la délicate mais cependant entêtée à souhait GGP, Grande Prêtresse Poupouille, laquelle met en ligne, photothèquise, illustre, gère (le vilain mot) ce blog (sur les mannes des Raveurs de Spezet, que grâce lui soit cent fois rendue !), partageant le même désir de niquer en belle profondeur, à sec avec de la limaille et quelques gouttes de Tabasco les vendeurs de cul ou de bagnoles ou des deux, graveleux commerciaux ne rechignant jamais à lécher l’anus crotteux des Bouygues Lagardère et autres Dassault-domites.

On espère, cette fois en avoir terminé avec cette bande de mouettes à merde, l’autruche leur chie dans la bouche non sans oublier cet hébergeur […]

Maintenant c’est ici :http://quandlautrucheeternue.blogspot.fr/

Et c’est ainsi que Charlie est grand !

Ladrisse

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26 février 2015 4 26 /02 /février /2015 17:56

    4581145 3 2cde des-manifestants-encagoules-ont-jete-des f78 Le rêve grec aurait donc vécu... Celles et ceux qui, à l’instar du volatile, étaient demeurés éveillés, insensibles aux fumées ravalées dévalées de l’Olympe démocratique, s’étonnent malgré tout non tant de la violence de la réaction troïkienne, mais de la diligence avec laquelle elle fut menée. Pour le moins, ça n’a pas traîné, tant et si bien que, de cette illusion, nous retiendrons surtout l’éphémère, le fugitif. Pour le reste, c’est depuis bien belle lurette que le barnum électoral a rejoint la boîte à soupirs, au même titre que l’ubuesque oxymoron de la révolution par les urnes. Laissons à leurs fantasmes d’enfants celles et ceux qui prétendent vaincre le choléra en usant de la peste, aussi sûrement qu’on vient à bout du cholestérol via la consommation massive de Nutella.

     Dans les faits, à Athènes comme à Paris, l’hémicycle n’est jamais que le lieu du guignol, théâtre d'ombres destiné à endormir notre méfiance, à éviter que notre regard se porte sur les lieux où se joue l'essentiel. Et si jamais le vote signale un commencement de rébellion, la machine se met en branle et broie l’espoir, à la racine : des semaines, des mois que nombre d'électeurs de Hollande répètent à l’envi qu'ils n'ont pas voté à gauche pour se retrouver, au final, avec une politique de droite, incarnée par la loi Macron ? La contestation enfle, jusque dans les rangs du Ps? On dégaine le 49-3, façon crasseuse de s'asseoir sur les électeurs, éternels dindons de cette farce.

     Il arrive néanmoins que les dindons s’ébrouent. Qu’ils remuent leurs fesses vaselineuses et glougloutent leur lassitude. Leur foi en l’élection s’étiole, et se corrompt : dans son édition du 15 mars, le Journal du dimanche rapportait qu’aux prochaines échéances l’abstention avoisinerait les 60%. Le chiffre n’est pas anecdotique. Mais, plutôt que d’en signaler l’importance, plutôt que de relever, en bonne intelligence, le fait que désormais  une large majorité d’électeurs refuse de participer et donc de légitimer le grand carnaval des faux-culs, les plumeux entonnent la vieille scie de la responsabilité-culpabilité de l’abstentionniste à qui on devrait, paraît-il, la montée du Front National – étrange arithmétique permettant, au passage, de dédouaner ceux votant Le Pen.

     Au tromblon du 49-3, exhibé lors des débats sur la loi Macron, ont répondu comme en écho les flashballs et autres canons à eau entrés en action ce samedi, à Nantes et à Toulouse. Lors de ces manifestations de soutien aux ZAD menacées, étaient également dénoncées les violences policières devenues, ces derniers mois, monnaie courante. Désireuses, probablement, d’en fournir de nouveaux exemples, les forces dites de l’ordre ont chargé sans ménagement le cortège des Rémi, sans aller, pour cette fois, jusqu’à l’assassinat. Loin des dérapages que nous servent à chaque fois les medias en guise d’alibi aux coups de tonfa en pleine gueule, l’attitude de la gendarmesque procède moins de l’improvisation que de l’application d’une stratégie consciente, réfléchie, de banalisation de la violence policière. Nous savons désormais que nous pouvons mourir en manifestation. Que nous pouvons perdre un œil, nous retrouver défiguré, à la suite d’un rassemblement pacifique. Que la baraque en bordure de ZAD, dans laquelle sommeillent une dizaine d’occupants, peut être incendiée en pleine nuit. Couverts par une chaîne de commandement conduisant aux jardins de l’Elysée, les soudards de la Mobile, munis de ce permis de tuer, ne se priveront pas d’en user. Le seul fait d’entre être informé devrait suffire à nous dissuader, à l’avenir, de toute résistance, et donc à voir mourir les ZAD, faute de combattants.

     A les voir condamnées, d’autant plus sûrement que le climat général s’y prête, que l’opinion publique, matraquée de propagande, serait désormais disposée à soutenir le massacre de nos illusions. On nous dit que les Français, depuis Charlie, aiment leur police. Qu’ils leur offre des fleurs. Que, de Charonne à Rémi Fraisse, en passant par Bouna, Zyed, Malik,… tout serait pardonné, oublié. Voir. Le murmure qui sourd à l’arrière des bazars, dans les kebabs, aux arrêts de bus, aux pieds des tours, contredit ce bel unanimisme. Les éventuels supplétifs aux forces de police seront à trouver ailleurs. Nous fêterons bientôt, dans le feu, les dix ans des émeutes. Gageons que, d’ici là, les occasions seront nombreuses de dénoncer les agissements des bourrins de la BAC et celles de leurs cousins des milices municipales.

     Et c’est ainsi que Charlie est grand.

                                                                                                         Ladrisse.

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 22:23

 e-macron15102014_371.pngAlors, comment ça fait d’avoir un premier ministre de gauche ? A cette question, les Grecs vont pouvoir répondre, si on leur en laisse le temps. Car, de ce tremblement de terre d’une amplitude proche du zéro, nous relevons surtout la promptitude avec laquelle fut lancée la contre-offensive menée par la troïka. Par conséquent, le printemps grec passera-t-il l’hiver ? Ce n’est pas tout à fait certain.

     Avant même d’avoir pu parer aux urgences très concrètes affectant la population, Aléxis Tsipras fut contraint d’entamer la tournée des popotes européennes, à seule fin de rassurer les marchés financiers, ces grands inquiets du maroquin. Rarement une élection n’aura à ce point démontré l’innocuité du vote, déclaré nul et non avenu par le quarteron milliardaire dictant à la Communauté sa politique monétaire. Le principe est désormais publiquement revendiqué par Jean-Claude Junker lui-même, incendiaire pompier et président de la Commission : « il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens », est-ce clair ? En quelle langue faut-il vous le répéter, bande de… prolétaires ? Qu’on les punisse ! La bourse d’Athènes dévissait à hauteur de 10% dès le lendemain de l’élection, et la banque centrale européenne s’empressait de rapatrier 11 de ses précieux milliards, retirés des banques grecques. Le véritable événement est là, non dans la farce démocratique conduisant un pantin à régner sur du vide. « Attendons quelques mois », écrivait-on dans l’ «autruche » précédent celle-ci: dans les faits, il aura suffit de quelques heures pour que l’ordre des priorités se trouve bouleversé, que le candidat ne se transforme en élu « pragmatique », c’est-à-dire fortement tributaire de la Finance, euphémiquement parlant.

     Cela dit, l’optimiste s’en va nous rappelant qu’on n’annule pas une élection comme on annule, par exemple, le résultat d’un référendum qui a vu le Non l’emporter. Pas faux. Disons que c’est plus difficile. Pendant ce temps, le pessimiste, cet optimiste bien informé, chemine et analyse: ce qui est en train de se produire en Grèce, à quelques encablures de Bruxelles, prouve assez qu’on peut désormais, de façon quasiment débonnaire et avec quelle célérité, renvoyer les vainqueurs à leurs arlequinades, lesquelles se montrent désormais inaptes à masquer leur impuissance crasse.

     En France, un spectacle du même tonneau se joue sur la scène d’une acropole pompeusement nommée Assemblée Nationale. On feint d’y débattre, ces jours-ci, du projet de loi Macron, véritable fourre-tout, façon de grand n’importe quoi au regard duquel le sac à main des demoiselles passerait pour un modèle de rationalité. C’est de notoriété publique : quand on veut égarer quelque dossier sensible, on le jette dans le pêle-mêle de l’étagère à bocson, au milieu des listes de courses et des factures impayées. Quand l’antépénultième assouplissement du temps de travail côtoie la réforme des professions réglementées, quand la représentation syndicale au sein des entreprises se trouve sous la pile où dort le projet de mise aux normes du transport par autocars, on peut alors être certain de noyer sous ce flot le plus attentif des scrutateurs, noyade nécessaire en tant que pré-requis au vote, par ailleurs nocturne, des amendements les plus sensibles. Stratégie à la petite semaine, éventée de longue date, mais dont l’objectif ambitieux est cette fois rien moins que d’inscrire dans la loi de la république le programme du Medef. Comment, dès lors, s’étonner de voir une partie non négligeable de la droite prête à soutenir une loi pourtant présentée par un des principaux ministres du gouvernement réputé socialiste? Notons cependant que ce soutien demeure conditionnel, implique quelques réserves.  Selon Thierry Breton, ministre de l’économie sous l’ère sarkozyste, « ça ne va pas assez loin, mais ça va dans le bon sens ». Son collègue Frédéric Lefèbvre, jusqu’à lors porté disparu, pense lui qu’il s’agit là « d’une demi-réforme, mais… ». Mais quoi ? Il y a peu, le groupe des députés UMP vota contre la loi qui accordait à l’animal le statut d’être sensible. Rien de surprenant à ce qu’il soutienne un projet remettant en cause la sensibilité du salarié, du chômeur, du retraité.

     « Il faut de jeunes Français qui ont envie de devenir milliardaires ». Cette phrase n’est pas d’Alain Madelin, ni d’Alain Minc. C’est du Macron, pur sucre. Lequel Macron, soyons-en sûrs, sera maintenu à Bercy en 2022, après l’élection de Marion Maréchal-Le Pen à la magistrature suprême (je sais, je radote. Et alors?)

     En attendant ce jour honni, il nous faut constater que face aux actuelles velléités du Macron version 2015 (sans relever de l’inédit, admettons qu’elles poussent le curseur des prétentions de caste à des hauteurs rarement atteintes), les pâlichonnes réactions du monde du travail expriment, une fois de plus, moins la volonté de s’opposer à la casse programmée que son impuissance à le faire. Or, cette impuissance est la nôtre. Il est en effet bien commode de se gausser des syndicats (air du temps), en passant sous silence cette évidence : la faiblesse des syndicats, leur manque de combativité, n’est que la conséquence de la démobilisation générale des salariés.

     Et, malgré tout, Charlie est grand.   

                 

                                                                                               Frédo Ladrisse.

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 18:46

      max la menace Un terrible massacre. Le premier du genre, en matière de terrorisme. Commis par des djihadistes, en pleine ville, et en plein jour, qui abattent des civils sous l’œil d’une police impuissante, et connaitra sont lot de victimes. C’était entre le 3 et le 7 janvier dernier, à Baga, au Nigeria. Les barbares de Boko Haram ont laissé derrière eux près de 2000 morts, et 20 000 déplacés. L’horreur absolue, donc, mais qui, en pleine « affaire » Charlie, allait passer inaperçue, du fait d’une couverture médiatique à minima. Il parait que cela s’explique également par le fait que les journalistes, à l’approche des soudards, avaient tous pliés bagages. Qui dit absence de journalistes dit absence d’informations autres que les dépêches lapidaires livrées par les agences, absence, aussi, d’images, or sans images désormais, point de reportages choc, rien à mettre en images. Nous noterons au passage que le silence des antennes frappa tout aussi bien l’occident que les pays africains. Cette indignation sélective fut bien sûr l’œuvre des medias, mais appuyés en cela par les autorités locales : au Nigéria même, le président Goodluck Jonathan s’est rapidement fendu  d’un communiqué condamnant les attaques parisiennes, mais, jusqu’au 15 janvier, a gardé un silence incompréhensible par rapport aux événements ayant frappé le nord-est de son propre pays. Il est vrai que Monsieur Bonne Chance est en pleine campagne, visant à sa réélection. Dans cette perspective, mentionner le massacre et lui accorder l’importance qu’il mérite,  aurait été avouer sa propre impuissance face aux rébellions djihadistes, à ses capacités à endiguer le flot Boko Haram lequel, de fait, contrôle déjà cette partie du Nigeria. Cette pratique de l’omerta médiatique est-elle à mettre sur le compte des bienfaits de la colonisation? « l’Homme africain, pas assez rentré dans l’Histoire » ? (Sarkozy, discours de Dakar), semble ici prendre exemple sur Maman-la-France. Parce qu’ici, occulter, passer sous silence, on sait faire. Une soixantaine d’actes antimusulmans, dont plusieurs attaques de mosquées, recensée depuis le massacre Charlie ? Chut, huile, feu, chanson connue, scie musicale. On communique par contre et ceci à outrance sur la réponse sécuritaire, militaire, sociale, politique, les mesures immédiates le disputant, sans les contredire, à celles s’inscrivant sur le long terme. Bien entendu, la foule acquiesce, ravie de voir ses bambins privés de sortie cinoche par des recteurs d’académie vichypirates en diable. Déjà, les entreprises faisant commerce de gilets pare-balles annoncent qu’elles sont, pour le moment, incapables de répondre à la demande. Non contents d’être, de la sorte, habillés pour l’hiver, les policiers municipaux menacent d’une grève imminente si tous ne sont pas armés dans les semaines à venir. Je connais un de ces policiers. Du genre de ceux moqués par Coluche, flic raté alcoolique dont n’ont pas même voulu la poste et la SNCF. Imaginer ce lascar, raciste décomplexé, patrouiller en grappe dans nos rues, voilà de quoi vous faire choper une frousse carabinée.

     A Bondy, riante bourgade de Seine-Saint-Denis, l’édile à la riante moustache j’ai nommé Gilbert Roger, se plaint sur les ondes qu’après avoir signalé deux jeunes individus natifs de la commune aux attitudes « suspectes » (port de la djellaba, de la barbe, visite à la mosquée) et néanmoins œuvrant toujours au sein d’une association d’aide aux devoirs (donc en contact avec les jeunes…), aucune suite ne soit donnée à sa noble requête :« ce n’est pas au maire de s’occuper de ça, c’est aux services de lutte contre le terrorisme ». Mais que fait le GIGN ? En visite dans un lycée technique, le premier sinistre Valls s’est heurté aux questions pertinentes de jeunes (encore eux…), que les mesures Vichypirates mises en place aux abords de leur bahut semblaient, pour le moins enquiquiner. Bon, ça va durer jusqu’à quand ? Valls : « votre génération, malheureusement, doit s’habituer à vivre avec ces mesures, car la menace est là. » Au max, la menace. Dès le 1er février et la première cascade de décrets promis par Cazeneuve, les jeunes et les moins jeunes devront donc s’habituer à la présence massive de l’armée dans l’espace publique (faire sortir les bidasses de la caserne est une chose aisée, les faire y retourner en est une autre, comme on sait), s’habituer, de force ou de gré, aux contrôles au faciès surmultipliés menés de mains de maîtres- chiens et vigiles autoproclamés « forces supplétives » (temps de guerre…), au contrôle généralisé de la population via ses petits bijoux de mouchards embarqués, téléphones portables, gps, wifi, facebook, tweeter en poche, s’habituer également au rétablissement d’une justice d’exception qui n’a pas attendu le 1er février pour faire pleuvoir comme en trombe les jugements iniques, totalement hors de proportion : six mois de prison ferme, en Isère, pour un jeune (décidément…) ayant  rigolé de l’attentat de Charlie (petit con), prenant à partie une patrouille de braves miliciens, ou policiers, selon.  Atteint d’une déficience mentale légère, imbibé d’alcool au moment des faits, ayant reconnu  la bêtise de ses propos et déclarant les regretter, le garçon n’en a pas moins pris ce coup de bambou en pleine face : six mois fermes. Ailleurs, ce sont de pelletées d’heures de travaux d’intérêt général (TIG) dont écopent des élèves ayant boudé la minute de silence… Ils avaient toussé ?

     Face à cette déferlante qui ne dit pas son mais n’est que la première vague de la nuit noire s’étendant sur la vieille Europe, Cazeneuve se lève et rassure : l’arsenal nouveau sera bien sûr placé sous l’autorité de la justice, son usage contrôlé par elle. Une aberration, « en temps de guerre », pour Kosciusko-Morizet (future ministre de la justice après que la coalition Ump-Front National ait vu la présidentielle victoire de Marion Maréchal-Le Pen), NKM pour qui il convient de passer les bornes, et vite: les flics font leurs sales boulots, « sonorisent » votre appart’, placent une balise sous votre voiture, et le juge se prononce, a postériori, sur le bien fondé de l’opération. A condition bien entendu que quelqu’un songe encore à lui demander son avis, devenu, de fait, facultatif. Pas d’autres solutions, dit la dame, pour éviter la multitude des attentats qui guettent notre chère démocratie. Minority Report pour Maximale Menace…

«  Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux ».

C’est pas du Bakounine, c’est Benjamin Franklin.

Malgré cet avertissement maintes fois répété, l’assaut n’a pas tardé, qui s’attaque aux murailles déjà bien abîmées des libertés fondamentales. Profitant de l’effroi offrant une parfaite diversion, une autre opération se prépare, s’apprête à nous prendre à revers. Nous songeons à la loi Macron, à ce qu’elle porte en elle de finalités programmées. La violence de l’attaque a laissé sans voix, comme pantois, jusqu’aux gangsters du Medef, lesquels ont donc décidé de « laisser le gouvernement conduire la manœuvre. » Recourant, la encore, au lexique guerrier, Gattaz est pour une fois dans le vrai. C’est bien de guerre qu’il s’agit, de cette fameuse classe war un peu rapidement enterrée au nom d’une prétendue unité nationale. Il serait de bon ton et de toute actualité de placer cette guerre-ci sous le boisseau, au nom de la patrie en danger ? Qu’on ne compte pas sur nous. Sur cette guerre, nous reviendrons.

Nous reviendrons pareillement sur ce qui est censé se passer en Grèce en ce dimanche de janvier, la victoire annoncé de Syriza et de son mentor, une façon de Mélenchon qui aurait réussi son coup. A voir. Attendons quelques mois, en gardant en mémoire ce passage de l’ouvrage récent signé Comité Invisible, « A nos amis » (la fabrique éditions, 2014) : « Les élections n’ont rien de particulièrement démocratique. Elles le sont en ce qu’elles permettent d’assurer, non certes une participation des gens au gouvernement, mais une certaine adhésionà celui-ci, par l’illusion qu’elles procurent de l’avoir un peu choisi ».

Et c’est ainsi que Charlie est grand.


                                                                                                    Fredo Ladrisse.

 

 

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 19:56

(Il m’aura fallu deux semaines pour placer un mot devant l’autre, écrire ce qui suit. Deux semaines, ce n’est rien au regard d’une éternité privée de Charb, Cabu, Honoré, Oncle Bernard, Tignous et tous les autres).

 

 

     Charb.pngCharlie, c’est la famille. Le cousin de province, je me souviens : on s’était fâché. A propos de quoi, déjà ? Bêtises. Une broutille, sans doute, mais, les années passant, on avait l’air de rien pris l’habitude de ne plus se parler.

     Avant la fâcherie, on était comme chemise et cul. Minot, chaque mercredi, j’allais l’attendre au kiosque et Charlie s’y pointait, la Une enfarinée, parfois nulle, empêtrée et gourd, le plus souvent tout en provo, gore à souhait, rebrousse-poilante. Jamais de demi-mesure :  Cette Une, je la détestais ou l’aimait au point de l’exhiber, dans la semaine, au tout-venant. En cas de farce majeure, Charlie ne quittait pas mon sac. Des voisins abrutis de télé, des copains repus de comics, des hébétés des JMJ, des patrons de café des clients de ce même café ont été contraints, par mon biais, de s’affronter à ces Unes claquant comme coup de fouet. J’étais alors fier de Charlie, mon visiteur du mercredi.

     Charlie, c’est la famille, cette fois massacrée. Les survivants sont réunis en une même sidération, aucun ne fait le moindre effort pour cacher cette peine, qui n’est rien moins qu’honteuse.  A la vue de tante Yvonne et de son printemps, français, face à la dépouille de Charlie enveloppé du drapeau conchié progressant au pas de l’oie et au son d’une Marseillaise plus que jamais horripilante, la colère le dispute à l’hilarité. Comme nous sommes KO debout, le rire l’emporte, mais poings levés.

     En ce 11 janvier journée de deuil tout aussi national que l’est l’unité tant vantée, notre chagrin sincère  se dilue dans l’eau tiède et le rance d’un marigot sournois, pétris de haines froides et de rancœurs indigérées : la France, pays des doigts dans le cul de l’homme venu d’ailleurs, liberté de se taire, égalité des bêtes noires et des boucs émissaires, fraternité des peurs. La France, ses bombardiers, ses guerres, ses villages afghans, maliens, rasés détruits, sa suffisance de nanti se pensant à l’abri derrière les hauts murs d’une Europe avachie, crevée, la France et ses polices, ses services de renseignements, sa mise sous contrôle de la population, ses hémicycles, ses urnes. Ce 11 janvier, la France défile, aux côtés des plus grands fournisseurs de terrorisme qu’ait connus l’histoire du vieux monde, et puis main dans la main avec chanoines, imams, rabbins, autant de cibles privilégiées par Charlie, du temps de son vivant.

     Une fois de plus, j’ai honte. Honte à en déchirer cette putain de carte plastifiée dite « d’identité », honte à en hurler aux oreilles des aboyeurs de Marseillaise que ça suffit, le sang impur, que les sillons, merci, ils sont abreuvés comme jamais, que non, je ne marche pas, pas avec eux, jamais, plutôt crever.

     Charlie, c’est la famille. Cette fois décimée, mais ce n’est pas assez : il nous faut encore assister au spectacle terrible de ces vautours nationaux se partageant la carcasse.

     Dégoût.

 

                                                                                               Frédo Ladrisse.    

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 19:38

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images.png Où est Charlie ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                

 

 

 

 

 

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 18:01

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Photo de Daniel Maunoury*

 

Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? « Aucune faute professionnelle » n’a été commise par l’assassin de Rémi Fraisse, gendarme de son état. C’est écrit, noir sur noir en ce deuil cette fois de papier qu’est le rapport de l‘inspection générale de la gendarmerie nationale.  Certes, il est admis que  « cette mort est imputable au tir d’une grenade offensive », et donc ? Circulez, y’a rien à reprocher.  Savent-ils, ces inspecteurs des travaux mortifères, qu’ils délivrent-là, par leur prose, un véritable permis de tuer ? Qu’ils feignent ou non de l’ignorer, ils se rendent pareillement complices des flashballisations, blessures, mutilations, tirs meurtriers à venir. Car une certitude plane sur les champs de batailles version zadiste ou suburbaine : l’affrontement, qui ne commence pas aujourd’hui, ne peut aller qu’en s’accentuant. Par cet assassinat, sa nature incompréhensible, son apparente gratuité, l’affrontement accède brutalement à une dimension autrement plus sauvage. A-t-on, dans l’autre camp, réellement mesuré ce qu’implique ce rapport en termes d’insulte faite au mort, de crachat sur son cadavre ? Le rapport était prêt, chaque virgule pesée, soupesée, de long temps. Il suffisait d’attendre que la contestation fasse mine de se dégonfler, que les combats de rue à Nantes, à Toulouse, Rennes, baissent en intensité. Tout à l’urgence qu’il y avait à couvrir l’assassin et au-delà la chaîne de commandement et au-delà le préfet et jusqu’au ministre de l’intérieur, les autorités ont alors brandi leur Rapport, pensant éteindre un feu qui, de toute éternité, n’en fini plus de couver. C’est que, nous, sommes doués de mémoire, et conservons intact le souvenir des morts et des luttes. Et tandis que Sivens ou Notre-Dame des Landes ne lâchent rien sur le fond, d’autres ZAD émergent, ici et là, authentiques et ancrées dans le réel des territoires, quand bien même elles sont à leur tour frappées par la censure merdiatique. Ailleurs s’échafaudent, en toute persévérance, d’autres résistances telles les PAD (Places à Défendre, version citadine des ZAD). Celles de Rennes et de Rouen, vaines tentatives selon les flics, n’étaient que des tests, grandeur nature.  Ces campements de plein jour, dont l’idée centrale, le pilier, consiste en une entière et totale visibilité, une inscription de fait dans le « paysage urbain » devenu espace libéré, nul doute qu’ils vont essaimer dans les villes, petites, moyennes et grandes, vont éclater tels des bubons sur l’épiderme des centres urbains que d’aucuns rêvent d’aseptiser, de figer à jamais sous le glacis des bulles muséales-commerciales. Loin des manifs planplan, éphémères démonstrations de notre propre impuissance,  au-delà de squats et des espaces autogérés par trop repliés sur-eux-mêmes, ces PAD (quel que soit le nom qu’elles se donneront), dans six mois, dans dix ans, signeront le retour du Sauvage, de l’énergie vitale, au cœur même des cimetières piétonniers, « pacifiés », pompeusement nommés centres-villes. L’affrontement, sous des formes variées, la résistance aux pulsions de mort incarnées par la gendarmesque, les juges, les huissiers, les élus et leurs électeurs, y sera quotidien au même titre que l’invention permanente de nouvelles solidarités. Ce qui se passe, en ce moment même, à Athènes (1), préfigure peut-être ce qui se passera, demain, sous nos fenêtres. En cette période de voeux iniques et autres galéjades calendaires, c’est tout le mal que nous nous souhaitons.

 

                                                                                                                                                                                                                                      Frédo Ladrisse.

 

Voir ici

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:05

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Tirant tête hors du trou, qu’entends-je ? « Les grenades offensives dites F1 sont enveloppées d'une fine couche de métal. Elles contiennent du trinitrotoluène (TNT) qui provoque une puissante déflagration et ont pour objectif de regagner du terrain face aux manifestants » (source : Le Figaro, 29/10/2014). « Si il s’avérait que la mort du jeune manifestant a été causé par le tir d’un gendarme, vu l’extrême tension qui régnait, cela ne saurait en aucun cas être considéré comme une bavure » (Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur, à l’assemblée nationale le 30 octobre). « Dans ce contexte précis, je n’accepterai en aucun cas que le comportement des forces de police soit mis en cause. En aucun cas !» (Manuel Valls, premier ministre, même lieu, même jour.) Cris d’orfraie d’un gouvernement paniqué puisqu’ici confronté à une situation que nous n’avions pas connu depuis 1986 et la mort de Malik Oussekine ? Même pas. C’est, en réalité, que l’occasion est trop belle pour les socialistes « à poigne » de montrer qu’avec eux aussi ce n’est pas la rue, pas les champs, pas les grenouilles qui gouvernent ! Dans les allées ministérielles, les chuchotements en temps de crise évoquent un lien entre le mort et « l’utragauche », un genre de nouvelle affaire de Tarnac, vous voyez, monsieur le conseiller ? Si la réalité se contentait de répondre aux vœux de la police, la vie serait plus simple.

     A défauts de réalité, c’est Xavier Beulin, président de la FNSEA, qui reprend à son compte le schéma manifestants=casseurs=terroristes. Pour cet homme d’affaires de l’agroalimentaire dont de lointains ancêtres furent de vrais paysans, «  l’opposition au barrage de Sivens a généré des djihadistes verts. » Cerise sur le gâteau au purin : « je me suis toujours battus contre les Khmers rouges, je ne plierai pas aujourd’hui contre les Khmers verts !»  L’amalgame facile et usé jusqu’au trognon commande de répéter que les Khmers rouges, leur régime, sont tenus pour responsables de 1,7 millions de morts, en l’espace de quelques années.

     Dans les jours qui suivirent l’assassinat de Rémi, se multiplièrent à Rennes, Nantes, Toulouse, Paris, des rassemblements et manifestations systématiquement interdits et qui, sous prétexte de quelques vitrines bancaires, feux de poubelles et autres « violences gravissimes », connurent gazages, charges violentes, matraquages, arrestations gardes à vue et condamnations. Réponses disproportionnées s’il en est, face à des attroupements rassemblant, la plupart du temps, quelques centaines de manifestants. Serait-ce alors que notre national police, nos si doux gardiens de la paix, auraient la trouille au cul ? Dimanche dernier, à Paris, place de Stalingrad, les gendarmes mobiles s’étaient déplacés en surnombre. Impressionnant déploiement de robocops armés telles Forces Spéciales en les rues d’Alep. C’est qu’ils savaient ne pas se trouver pour une fois en face de gentils lycéens et leurs danses coude-à-coude en mode kermesse, ni frêles écolos persuadés qu’un sit-in empêchera la violence parce que la violence « c’est pas bien », mais à des lycéens furieux, animés d’une rage nouvelle puisque, en ce qui les concernent, confronté à cette aberration : un jeune garçon de 21 ans tué par la police lors d’une manifestation. Pareille aberration avait semble-t-il transformé les gentils écolos en militants conséquents et ayant appris qu’un des leurs pouvait tout aussi bien, sit-in ou pas, se faire tirer dans le dos comme un vulgaire lapin. Ça flippait donc chez les gendarmes, plus mobiles  à coups-sûrs que jamais, un peu en panique pour tout dire, cavalant d’un point à un autre au gré des ordres hurlés dans les oreillettes de combat. Chez ces militaires chargés du maintien de l’ordre à Sivens, à la ZAD de NDDL ou dans les rues de nos villes, ça suait d’autant plus sous les casques et dans les slips réglementaires que, bien évidemment, face à eux, extrêmement déterminés, se tenaient militants radicaux, autonomes, black blocks et autres groupuscules formés à la baston frontale contre les robocops, et à la guérilla urbaine. Ceux-là n’étaient pas venus pour crier leur colère et réclamer la fermeture du barrage de Sivens. Ils étaient là pour faire comprendre à la criminelle gendarmesque qu’on était face à eux, tout prêts, armés, et que cette fois fini les gentillesses, fini les bouquets de coquelicots, même rouges. Lors de ces rassemblements ce fut un réel bonheur de voir ainsi la peur, si ce n’est changer de camp, du mois également partagée entre flics et manifestants. Autre motif de satisfaction, bonne surprise et bel enthousiasme : entendre les slogans ACAB («All Cops Are Bastard », déclaration d’amour de renommée mondiale, Londres, Rio, Tokyo…), ou « Police violence, Black Block résistance ! » repris en cœur et avec une belle énergie par de « pacifiques » étudiants, des écolos sans tongs mais visages couverts, des citoyens lambda, Place de Stalingrad, à Paris.

     Autre origine de cette peur constatée chez les porteurs de flash ball et blindés de ceintures à grenades : l’injonction contradictoire qui leur avait été faite de dégager sans ménagements les manifestants, d’éviter que ne s’enkyste le mouvement à travers des campements sur la voie publique, tout en veillant surtout, SURTOUT, à ne provoquer aucune autre mort, même suspecte, et qui là aurait comme effet immédiat de soulever, du même haut-le-cœur, non seulement la jeunesse mais l’ensemble de la population. L’urgence est donc de tuer dans l’œuf un mouvement qui, lui, vise à s’inscrire dans la durée  (à l’inverse du rassemblement familial faite pour « marquer le coup », organisé au Champ de Mars le même jour que le rendez-vous, plus chaud, de Stalingrad.

     Autre type d’action marquant elle la volonté d’inscrire le mouvement dans la durée : une tentative d’occupation avec tentes, cantine, matelas, bâches, lieux collectifs, assemblées générales, eut lieu à Rouen. Au bout de trois petits jours le campement était « nettoyé », lacrymé et chargé par des gendarmes peu avenants, suivis de près par les pelleteuses et les bennes à ordures… Même si Rouen n’est pas Istanbul, les exemples d’occupations en Turquie, à Madrid, en Grèce ou aux Etats-Unis ont étés scrutés de près par le monde politique et les commandements policiers. La sentence est tombée, martiale : pas de ça en France ! A condition de ne pas leur laisser le temps de s’étendre, ces campements en plein cœur des villes sont faciles à « neutraliser » : expérience vécue également par « les Insoumis », qui tentèrent d’occuper la place de la Bastille il y a quelques années.

     Occupations de lieux symboliques et visibles par le plus grand nombre, sur plusieurs mois voir, soyons fous, sur plusieurs années, sont donc la hantise des sphères politico-policières (l‘exemple des ZAD actuelles, qui ont su résister, tenir, s’organiser, communiquer, est donc admirable en tout point). Ces lieux seront, partout, âprement combattus parce qu’au-delà des retards occasionnés dans les constructions décidées par ceux-là même qui en espèrent de subséquents subsides, ces espaces permettent l’émergence de pratiques alternatives en matière de vivre ensemble, de prise de décision, d’échanges, de réflexions partagées, autant de choses que ne permettent pas les traditionnelles manifs et autres réunions de quartier, du moins sur le long terme. Plus efficaces que les grèves car moins institutionnalisées, impliquant toute catégorie de la population, de petits rassemblements pourraient donc  se transformer en occupations permanentes, menaçant le pouvoir en résistant à ses clébards uniformés, le menaçant plus encore en permettant à qui veut de venir constater, sur place, que l’autogestion, l’horizontalité en matière de prise de décision, la rotation des tâches, bref : qu’une bonne partie du modèle social et politique proposé par les anarchistes part de pratiques concrètes, construites et parfaitement réalisables, ici et maintenant (que celles et ceux que gênent encore le mot « anarchiste » parce renvoyant aux bombes, attentats, désordre et autres lieux communs, ne se privent pas pour lui substituer celui d’autonomie, de démocratie directe, de résistance au capitalisme). Une chose est cependant certaine : pour le pouvoir en place, le  véritable risque est là, dans la remise en cause de ce qui fonde et soutient sa pseudo légitimité, hiérarchisme, prévalence de l’autorité, main mise sur l’information, dictature du vote et de la représentation privant de parole et d’actions les électeurs citoyens tout le reste du temps.

     Militaires déployés dans les rues de nos villes, élus soucieux de ne pas voir leurs prérogatives questionnées dans des campements installés sous leur fenêtre, ferait bien également de se précipiter sur le dernier ouvrage du Comité Invisible, « A nos amis », éditions la Fabrique, 10 euros. Ils y apprendraient qu’une «insurrection peut éclater à tout moment, pour n’importe quel motif et dans n’importe quel pays et mener n’importe où », jusqu’ à la révolution ? Oui. Ils en retiendrons surtout que la plupart des révolutions n’ont pas pour origine de vastes mouvements de foules, le ralliement de l’armée, la fuite des dictateurs mais des événements à priori sans importance dans le déclenchement des insurrections qui suivront : en Tunisie, l’immolation d’un petit vendeur de fruits et légumes ; à paris, la démolition symbolique d’une prison désaffectée par un petit groupe déterminé, un 14 juillet. La mort d’un manifestant inoffensif mais impliqué dans la lutte contre l’édification d’une retenue d’eau dans le Tarn ? Possible. L’intensité que provoquera cette goutte d’eau tombée dans le barrage, onde, vaguelette ou tsunami, cela nul ne le sait encore. Cependant, historiquement, le taux de remplissage des vases prêts à déborder sont toujours sous-évalué par la noblesse d’élections, les petits marquis sortis des urnes.

     A nous, dès lors, d’inscrire dans la durée ce vaste mouvement, de perpétuer ce cris que les médias officiels se sont empressés de ranger dans les armoires à chuchotements. Excellents paravents, pensent-ils : une nouvelle baston au plus haut sommet de l’Ump, Nabila qui va en prison sans passer par la case départ. Qui c’est qui ment ? Sarko, Fillon ? Surtout, qui qu’a balancé l’autre? Peut-être le même corbeau révéla également le mauvais cinéma de l’ex-future starlette ayant poignardé son boy friend ?

Suspense… Qu’en aurait pensé Remi Fraisse ?   

  

                                                                                                Fredo Ladrisse.

 

 

 

 

 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 16:54

 

 


 
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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 21:18

paul-20poulpe-2f0e5ab.jpgTirant tête hors du trou, qu’entends-je ? Le rappel ici même des inepties de Platini au sujet du Brésil et de la coupe du monde ouvrit une manière de festival des déclarations les plus beaufs, absconses, nullissimes et crasses, prononcées à ce propos. Que les contributeurs.butrices en soient grandement remerciés, cependant, la compétition étant ce qu’elle ne devrait pas être, et l’autruche ayant, comme on sait, le globe oculaire plus gros que le cerveau (on ne le dit pas assez, cela !), il lui a bien fallu opérer un tri tout à fait subjectif dans cet amoncellement de bêtises, and the winner is… René B., de Vesoul, lequel nous rapporta ceci : un journaliste demandait à un joueur de foot si ça ne lui paraissait pas logique que la population brésilienne préfère des hôpitaux plutôt qu’une coupe du monde, par nature éphémère. Le footeux répondit que « ce n’est pas avec des hôpitaux qu’on gagne la coupe du monde »

       Maintenant qu’un mois de compétition a largement contribué à étayer la théorie selon laquelle un bulot, une loutre des mers, ont un QI bien supérieur à tous les Ribery de la terre (oui, je sais, il n’était au Brésil, et alors ? C’est les vacances, je dis ce que je veux), on va pouvoir goûter non sans plaisir au bonheur de la voir s’achever (la compétition, pas la loutre). Et comment qu’elle va s’achever, la Copa ? Aujourd’hui , 6 juillet, 20h08, l’autruche, dont le talent de pronostiqueur ferait passer Paul-le-Poulpe pour un minable joueur de Pmu de Montargis-nord, l’autruche, dis-je, est en mesure d’affirmer qu’en demi le Brésil va se manger l’Allemagne (certes péniblement : 1-0, but sur pénalty à la 87e minute), que les Pays-Bas bien entendu vont se faire l’Argentine (2-1, match sans relief, y faut dire qu’y fait chaud), qu’en finale le Brésil remportera SA coupe, 0-0 à la fin des prolongations, tirs aux buts et voilà. Coupe volée, coupe achetée suffisamment chère. De toutes façons, au Brésil, c’est ça ou la révolution, donc…

        De ce côté-ci de l’Atlantique, il existe un pays qui évacue brutalement plus de 300 migrants à coups de gaz lacrymogène, tenant les journalistes à distance et profitant de l’occasion pour embarquer dans le même mouvement les soutiens présents sur les lieux. « Sans ménagements », dit-on. Entendez : à coups de gourdin. Dans ce même pays, la France, un ancien président est mis en examen pour corruption active, recel de violation du secret professionnel et trafic d’influence actif, n’en jetez plus, la balance de l’aveugle justice est pleine. Réaction ? Tapis rouge déroulé sous les talonnettes du Rapetou, reçu comme palme d’or sur les plateaux de téloche. La garde rapprochée du sarkozystan se serre les coudes en même temps que les fesses. Selon le désormais fameux « théorème de Pasqua », quand une affaire vous colle aux basques il faut créer de toutes pièces une affaire dans l’affaire, puis une affaire dans l’affaire dans l’affaire, puis… Tant et si bien qu’au bout du compte personne ne comprend plus rien et que l’affaire principale est pour ainsi dire noyée dans ce gourbis, cette pataugeoire. L’opération fut, là encore, couronnée de succès. Relayée par des médias, dans ce cas très soucieux de respecter l’enfumerie nommée « présomption d’innocence », elle permit de déplacer le curseur de Sarkoléon à cette question, qu’il serait très urgent de se poser et qui sent bon son Maréchal: est-il normal que les juges puissent se syndiquer ? Une lointaine périphérie est ainsi devenue le centre, et c’est avec gourmandise que nous attendons de connaître le sujet de la future affaire dans l’affaire dans l’affaire : est-il normal que certains juges s’exhibent en maillot à la plage ? Et si oui, quel maillot, quelle plage? Vaste débat en perspective…

        Maillot, plage, gourmandise et loutres de mer… Vous me suivez ? Belles vacances à vous qui partez, et que les autres n’oublient pas que sur la plage, on s’emmerde.


                                                                                                 Frédo Ladrisse.

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